Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 12:41

"Que devrait faire une société pour que dans sa vieillesse, un homme demeure un homme ? " S. Beauvoir.

De toutes les réalités, la vieillesse est peut-être celle dont nous gardons le plus longtemps, dans la vie, une notion purement abstraite. Tout homme se sait mortel et y pense. Beaucoup de jeunes et adultes congolais deviendrons des vieillards et chacun se comporte comme s’il ne devait jamais devenir vieux. Ce lointain avenir apparaît inconcevable. Paradoxalement la mort rassure.

Devant ce tout ou ce rien, on peut éprouver un vertige métaphysique, espérer l’éternité ou croire au néant. Exister d’une manière ou ne plus être rien ne bouleverse pas l’image que nous avons de nous même, nous gardons notre identité tandis que la vieillesse, cela nous laisse incrédules. La vieillesse ne peut concerner que les autres et pourtant elle s’impose à nous inéluctablement, inexorablement et nous ne pouvons ignorer ce que nous sommes ou ce que nous serons si nous voulons assumer dans sa totalité notre condition humaine. Vieillir aujourd’hui et demain : où ? Et comment ? Ici ou là-bas et dans quelles conditions ?

La conjoncture économique, les études (stages et formations), la dictature, l’amour, etc… ont fait venir un grand nombre de congolais dans cet eldorado que représentait pour eux la France. 

Arrivés d’abord seuls, certains congolais ont ensuite, à la faveur de décisions gouvernementales françaises, fait venir leurs familles, leurs enfants. Le travail représentait la seule légitimation de leur présence en France. Aujourd’hui les études, l’amour, la famille, les enfants etc…légitiment encore plus leur présence.

Au delà de l’âge requis pour la retraite, cette présence devient problématique. Comment trouver des nouvelles justifications qui expliqueraient la prolongation de leur séjour en terre étrangère ?

 

Commencer à traverser sa vieillesse en devant sans cesse lui trouver un sens, constitue là quelque chose d’atypique. Pour ceux des congolais qui n’ont jamais quitté le pays la vieillesse fait partie du cours normal de vie, de leur histoire, on continue sur le "chemin d’un incertain avenir". Mais pour des immigrés congolais, continuer de vivre sur une terre qu’on avait prévu de quitter un jour devient une source perpétuelle de souffrance morales. La nostalgie, le sentiment de l’échec s’entremêlent à la solitude, à la précarité des situations matérielles.

Quand on passé trente ans hors du Congo, on peut penser que l’image que l’on avait de sa vieillesse et de sa retraite a fortement changé. Imprégnés des mœurs occidentales par assimilation ou par filiation, les immigrés congolais n’ont pas pour autant fait table rase de leur culture antérieure. Ils l’ont adaptée à de nouvelles normes en prenant conscience, qu’ils subiront peut-être les mêmes difficultés que les populations âgées françaises si toutefois la "famille" venait à faire défaut. En plein débat sur la question de l’identité nationale française, la question de vieillir et mourir ici où là-bas se pose.

 

Vieillir en France ?

Pour être un africain, un immigré congolais, sachant que la vieillesse est honorée en Afrique et, est rejetée ici en France… ce n’est même pas une question qu’il peut se poser ou à lui poser parce que, la réponse consciente ou inconsciente  qui fuse, est de dire : Jamais. J’irai vieillir ou mourir au pays. "Comment ! Tu me vois moi vieillir ici dans une maison de retraite ici ?… Jamais…". Penser le mieux vieillir et mourir ici et ce, dans quelles conditions (au foyer, dans son T1, locataire, chez soi, ou dans une maison de retraite…avoir cotisé 40 ans pour bénéficier d’une retraite taux plein…) relève d’un "casse tête" plus que chinois. Comme dirait un ami Ivoirien, "C’est dur dè ! C’est là où tu vas avaler ton totem…".

Vieillir en France ? C’est une question pour un champion qui vous prend le corps tout entier et peut vous rendre fou. Déjà qu’y vivre ce n’est pas facile du tout (un vrai parcours de combattant) alors ! Y ajouter encore la question de la vieillesse ou de la mort ici dans un pays ou le corps d’un immigré pauvre ou riche, vivant ou mort, est un corps encombrant alors là ! Je vous laisse à votre réflexion (interrogation), et à votre douleur de vivre, de vieillir ou de mourir loin du Congo natal. 

Vieillir au Congo ?

Lorsqu’on a vécu pendant trente ans dans une chambre de foyer, dans un meublé ou dans un T1, T2, ou T3 dans un minimum de confort et d’hygiène etc. Et que l’on ne possède rien, (pas de maison, rien dans son compte bancaire et que l’on n’a même pas construit un petit taudis au Congo), avoir des idées de retour pour aller vieillir au Congo peut relever aussi, de la psychiatrie.  Ce n’est qu’un avis. Et j’en ai bien d’autres !

Comment être vieux aujourd’hui au Congo, quand tout est mis en œuvre pour nier la vieillesse depuis le haut sommet de l’Etat congolais ? Quand on ne l’a jamais définit ou quand on la définit exclusivement en termes de perte ? Curieux paradoxe : la possibilité enfin offerte à chacun de prolonger ses jours grâce à la science médicale est vécue comme salvatrice pour le chef de l’Etat lui-même très âgé, sa famille, ses ministres ainsi que ses amis vieux qui sont soi disant dans l’opposition. Et, les autres vieux ! Ou candidats à la vieillesse au Congo ? "Sans effet". On n’y a jamais pensé. Ils n’existent tout simplement pas. Est-ce l’Alzheimer politique ?

Au Congo, la vieillesse, la bonne, qui tienne compte de la prise en charge de sa santé, est une affaire de luxe comme s’acheter un 4X4. Une affaire d’argent. C’est un privilège et un droit fondamental pour les hommes politiques au Congo qui se servent de l’argent de l’Etat pour venir s’offrir des soins de santé adaptés aux maladies liées à la vieillesse au Maroc, en Europe (France, Espagne …). L’égalité devant la vieillesse et devant les soins n’existe pas sur le "chemin d’avenir" au Congo. Il n’est pas bon d’être vieux et pauvre comme nos parents lambda au Congo. Mieux vaut être un vieux au pouvoir ou un vieux dans l’opposition.

Quels discours et quelles images avons-nous du grand âge ? Nada ! Pour preuve apodictique, au Congo : il y a des pédiatries mais, il n’y a pas de gériatries. Comme s’il valait mieux être un enfant mais pas un vieux au Congo Brazzaville. Quels sont les rouages de ce déni de la vieillesse au Congo ?

A cette, question, mon fils de 3 ans, m’a répondu : "c’est parce que votre Président et vos hommes politiques se prennent pour des enfants".

Les sociétés occidentales font beaucoup pour leurs vieux par leurs accroissements de leurs revenus, la multiplication des aides et des services. Toute une part de la richesse nationale est consacrée à la vieillesse…en général. Mais au Congo, RIEN de tout ça. Toute une part de la richesse du pétrole est consacrée à ceux qui veulent à tout prix franchir une frontière, celle de la longévité à défaut de celle de l’éternité.

Perpétuellement, sans cesse, on relève toujours et toujours des manques, de nouvelles failles dans le système de traitement traditionnel de la vieillesse…en particulier. Et la bonne conscience sociale des aidants (la famille) s’arrête sur cette spirale incontournable, sur cet abîme toujours béant.

Pour cette catégorie de population encore plus que d’autres, la réponse est donnée en termes d’argent. Les vrais vieux, (les vieux pauvres), sont aujourd’hui ceux qui se dégradent, physiquement et mentalement, qui deviennent dépendants. Les familles abandonnent, les personnes âgées se retrouvent parfois seules, dans l’isolement et sans aucun lien social, l’environnement prend peur, les "enfants désignés" pour s’occuper du vieux et les médecins rencontrent alors la limite de leur toute-puissance.

Réduit à un corps déchu, le vieux congolais pauvre (qui n’a jamais été ministre) pour lequel, il n’a jamais existé un schéma gérontologique pour vivre une vieillesse dans la dignité, n’a qu’un seul "chemin d’avenir", la mort.

Tel, le regretté vieux Essou qui vient de nous quitter ce 25 novembre 2009 dans le dénuement total à Brazzaville. Paix à son âme. Il est décédé au Congo pour manque d’argent. Donc, pas de possibilité de l’évacuer en France, alors que KOLELAS lui, ami du pouvoir, avait obtenu, l’évacuation, visa, argent pour le billet et les soins à Paris jusqu’à ce que mort s’en suive. Ah ! Quand tu nous tiens le fléau de l’inégalité "Sud-Sud, Nord-Nord, Nord-Sud… " Et ce même, devant la vieillesse et la mort.

A ceux qui lui disent ‘’Tu as été’’, le vieillard congolais sous le manguier, jusqu’à son dernier souffle s’obstine à répondre ‘’je suis’’. Voix déformée, parfois inaudible, toujours instante, elle nous parle de ce temps dense où, n’étant plus happé par les nécessités du quotidien (ledza, lenua…) il peut savourer les airs de notre "Loussialala de la Poussière" national, il peut avoir un regard détaché et laisser venir à soi les "choses".

Quels rôles souhaitons-nous pour nos vieillards au Congo à l’ère de la globalisation ? Quel sens notre société assoiffée de modernité sur le tortueux "chemin d’avenir"  veut-elle accorder à la vieillesse?              

Ils sont vieux, nous deviendrons vieux. Alors, mettons à jour cette irréductibilité irrépressible de la vieillesse. Assez d’euphémismes, les "personnes âgées" (qui n’a pas d’âge ?), les "moins jeunes", "quatrième âge" et autres "nos chers aînés, à qui nous devons tant", qui ne font que parler de l’angoisse de notre société face au vieillissement et de son incapacité à lui donner un sens. Accordons-nous avec les vieux pour dire que vieillir est un apprentissage. Pour lui, au présent, pour nous déjà présent.

Vieillir aujourd'hui et demain : où ? Et comment ? Vieillir aujourd’hui et mourir demain : Ici où là-bas ?

Le vieillard congolais ne meurt-il pas doublement quand sa vieillesse et sa mort sont niées par le pouvoir politique ?

Faire de son destin une destinée est, pour nous tous, un défi.

Par Geoffray - Publié dans : Politique
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La fin des sacs plastiques au Congo-Brazzaville, c'est du domaine du possible ! 

L'association DAC (Développer Autrement le Congo) est à l'initiative en République du CONGO-BRAZZAVILLE de la démarche citoyenne pour la suppression des sacs plastiques de caisse. La méthode est  essentiellement basée sur la sensibilisation. Aujourd'hui chaque Congolais jette 360 kg d'ordures par an, soit presque un kilo par jour et ce chiffre augmente de 1% par an. Les sacs plastiques représentent quant à eux 2 kg. En polyéthylène, matière produite à partir du pétrole, le sac plastique fait irruption dans la vie des ménages congolais dans les années 80 où il remplace le cabas traditionnel (panier en liane), plus résistant. C'est le début de l'ère de la consommation et l'ère du jetable. Mais alors qu'on les fabrique en une seconde et qu'ils sont utilisés en moyenne 20 minutes, ils seront soit incinérés soit dispersés dans la nature où il leur faudra jusqu'à 400 ans pour se dégrader et 1200 ans en mer selon leurs épaisseurs ! Au Congo, 4 milliards de sacs plastiques sont distribués chaque année représentant 80 000 tonnes de déchets. Véritable fléau pour la faune et la flore, notamment en milieu marin, le sac plastique produit au moins trois types de pollutions : visuelle, de l'air et du milieu marin. 

CONGO-BRAZZAVILLE: PRIORITE A L’EMPLOI

" Le travail est indispensable  au bonheur  de l'homme  ; il l'élève,  il le console  ; et peu importe   la nature  jc beri mdu travail, pourvu   qu'il profite  à quelqu'un : faire  ce qu'on peut, c'est faire ce qu'on doit." Alexandre DUMAS,  fils.
A travers cette annonce faite à la  veille de la fête des 50 ans d’indépendance,  il n’est pas inutile de se demander si celle-ci n’est pas  encore une diversion politique pour détourner l’attention des congolais face à l’échec de la politique sociale conduite par le gouvernement.

QUELLE POLITIQUE DE LOGEMENT POUR LES CONGOLAIS ?
Sans tomber dans une paranoïa obsessionnelle, on sait que nos intérieurs ne sont pas protégés de la pollution. Les substances chimiques, dangereuses ou pas, sont partout. Aucune réglementation n’est observée pour la construction des maisons des congolais et augmenter ce risque en optant pour le  tout béton, matériau complètement   inapproprié pour les logements résidentiels en zones tropicales est irresponsable. Car ces constructions souvent calquées à l’image des constructions occidentales ne tiennent pas compte ni du climat,  ni des coûts financiers exorbitants, encore moins de l’aspect écologique.
On a nettement l’impression que le gouvernement veut tout simplement troquer son humble maison de banco recouverte d’un toit de paille, de bois ou de terre compressée selon les ethnies, contre une maison "en dur" ,c’est à dire en béton, avec un toit de tôles ou en tuiles .. Les raisons ? La résistance aux intempéries qui évite d’avoir à refaire régulièrement ce qui se dégrade, enfin la raréfaction du bois est aussi invoquée.












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