Il n'est point de bonheur sans liberté ni de liberté sans courage








Le député de Goma Tsé-Tsé et président fondateur du Mouvement congolais pour la démocratie et le
développement intégral (MCDDI), Bernard Kolelas, est décédé, à l'âge de 76 ans, le 13 novembre à 4 heures du matin à Paris en France.
A Paris, deux veillées mortuaires seront organisées le samedi 14 novembre de 18 heures à l'aube et le lendemain, dimanche de 18 heures à minuit, à l'hôtel Concorde Lafayette 3 place Koenig, Paris 17e (métro porte Maillot).
Né en 1933 à Mboloki près de Kinkala, Bernard Kolélas, ancien maire de Brazzaville et Premier ministre de Pascal Lissouba, aura marqué l'histoire politique du Congo post indépendance aussi bien dans sa phase du parti unique que dans celle qui a suivi la démocratisation en 1991.
Que doit – on retenir de Bernard Kolélas ?
Bernard Kolelas aura été l'une des rares, sinon l'unique personne qui aura, de manière nette et claire, exprimé son opposition au socialisme qu’il soit bantou ou scientifique qui a régné dans le pays à partir de 1963.
Homme de conviction, combattant de la liberté,fervent défenseur du pluralisme démocratique, Monsieur Kolélas fut le seul courageux qui, au péril de sa vie, avait osé dire non à Marien Ngouabi et à son Marxisme-léninisme « vous ne ferez pas de moi un socialiste lui avait-il lancé » en attendant sa sentence au stade de la révolution. Le seul et véritable résistant de la lutte contre le totalitarisme instauré par Marien Ngouabi et ses petits camarades a tiré sa révérence ce 13 novembre 2009.
Les congolais doivent lui rendre un hommage mérité pour sa première partie de sa longue vie politique. L’homme n’était pas à vide d’argent ni d’honneur car il a passé les deux tiers de sa vie dans le dénuement total, vivant d’un petit commerce de charbon de bois mais attaché aux valeurs de paix et de justice, il s’était donné pour mission : la libération du peuple congolais du joug monopartite qui lui était imposé par le PCT, lui rendant la vie lourde et pesante. Les congolais le surnommèrent « Moïse ».
Et si la fin du monopartisme était son seul vrai défi ?
La seconde partie de son intense vie politique
suscite admiration pour les uns et interrogations pour les autres.
En 1991, Bernard Kolélas remporte une bataille,
pas la moindre car le Congo a tourné la page du parti-état avec ses milliers d’assassinats politiques et ses complots supposés qui sont le plus souvent issus des officines du parti unique (Parti
Congolais du Travail en sigle PCT).
Une conférence nationale souveraine s’ouvre à
Brazzaville, Bernard Kolélas y sort grandi, son héroïsme reconnu, l’histoire lui donne raison et pourtant il ne sera pas le premier Président de la république de l’ère démocratique. De l'élection
présidentielle de juillet 1992, l'homme en sortira bléssé avec le sentiment d'avoir été trahi par son poulain « André Milongo » pris dans l'ivresse du pouvoir pendant la
transition.
Il en voudra à tout le monde et surtout aux
électeurs de Pascal Lissouba. et d'André Milongo. Ansi, l’élection d’un rival qui avait pactisé avec le socialisme à qui, on reprocherait les assassinats de Pouabou et de Matsokota lui
était restée à travers de la gorge. Il poursuivit sa résistance comme dans le vieux beau temps, mais cette fois-ci, il ne sera pas le héro d’un peuple mais le trublion de la république. Au lieu
de consolider la jeune démocratie, il porta un coup fatal en nouant une alliance de déraison avec ses ennemis d’hier (PCT). Dès lors, Moïse devenu Nkoumbi de total est contesté même au sein
de son propre mouvement politique (le MCDDI).
Il préconise alors une prise de pouvoir par les
armes, conseillé par son allié Denis Sassou Nguesso, Bernard Kolélas joua le jeu, mais très rapidement il s’aperçoit de la bourde et tente de se démarquer des velléités putschistes de Denis
Sassou Nguesso. Il accepte le poste de Premier Ministre que lui proposa Pascal Lissouba avec la mission d’organiser l’élection présidentielle de 1997. Bernard Kolélas semble retrouver les valeurs
qui étaient les siennes et dit non à la proposition du Président français Jacques Chirac qui lui aurait soit disant conseillé de rallier le camp Sassou.
Les habitants des quartiers sud de Brazzaville reprocheraient à Bernard Kolélas d’avoir emprisonné des congolais dans ses prisons privées, d’avoir enrôlé leurs enfants dans une milice illégale qui n’a pas hésité de tuer et de violer les populations du pool qui se sont senties prises en tenaille entre les cobras de Denis Sassou Nguesso et les ninjas de Bernard Kolélas. On lui reprocherait également son revirement à 360° après le décès de sa femme. Il a pur et simplement abandonné le combat pour faire chemin ensemble avec les boureaux des fils du pool. Une question était alors sur toutes les lèvres des populations de Bacongo et de Makélékélé : Tata pourquoi toutes ces vies brisées, à quoi a servi tout ce sang versé si c'est pour faire allégence à Denis Sassou Nguesso ? Un revirement qui a assombri le destin d’un héro devenu zéro et qui a terni son image.
Avait-il encore en ce moment la main mise sur le
MCDDI ? Cela est moins sûr.
Le parti est dirigé par ses fils et quelques
proches qui avaient négocié secrètement avec Denis Sassou Nguesso son retour au pays. L'homme fort de Brazzaville Denis Sassou Nguesso leur avait promis des jours meilleurs au
gouvernement.
C'est peut être en bon père de famille qu'il ait voulut préserver l’avenir de sa progéniture, le vieux « tata » comme on l’appelait ne nous répondra pas à cette question.






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