Il n'est point de bonheur sans liberté ni de liberté sans courage








Avec vous disparaît une des plus grande figure de la politique congolaise de ce dernier demi-siècle. Ta mort physique vient entériner ton assassinat politique longtemps prémédité et perpétré par les anciens révolutionnaires marxistes mal vêtus en peaux de démocrates. De ton riche parcours politique, nous avons été fascinés par ton idéal de bâtir au Congo, un état de droit. Tu devins le timonier de la démocratie pluraliste, le messager de la paix et tu fis du développement intégral ton credo. Bon nombre de congolais se rappelleront encore longtemps, ton combat acharné pour le l’avènement de la démocratie pluraliste et le développement intégral de l’homme dans sa triple dimension quantitative, qualitative et spirituelle.
De l’ensemble de tes innombrables qualités nous retiendrons : la foi dans ton idéal et ta bravoure légendaire qui t’ont permis de défier solennellement tous les régimes marxistes successifs sans craindre de ta vie. Ton charisme t’a valu admiration et suscité l’espoir de l’ensemble des congolais.L’adhésion temporaire à tes idéaux par une grande majorité du peuple reste indiscutable. Mais hélas, un espoir trop éphémère pour être fécond et sortir le peuple de la misère chaque jour plus rampante. Tu resteras pour nous un exemple vivant d’orthodoxie socioéconomique incontestable car tu as su tracé la ligne de démarcation entre ton combat politique et la course aux privilèges par l’enrichissement illicite. Ton esprit de sacrifice et d’abnégation fait légion.
Menant un combat désintéressé, vous avez choisi le dénuement matériel, refusant plus d’une fois les privilèges et les honneurs. Ainsi, sous Massamba Debat, choisi pour devenir Ministre des affaires étrangères, vous avez décliné l’offre au profit de Charles Ganao. A la conférence nationale souveraine, plébiscité Premier ministre de transition, au lieu de toucher les premières dividendes de votre combat, vous avez fait élire André Milongo. En transition, pendant la formation du gouvernement de crise 40/60, vous vous êtes mis en marge des affaires et n’aviez daigné y envoyer un de vos nombreux enfants. A l’issue de la guerre coup d’état de Sassou, de juin 97, vaincu avec votre nouveau partenaire politique Lissouba, plutôt que de vous rapprocher de votre allier vainqueur, vous avez plutôt opté pour l’exil.
Monsieur le Président,
Vous nous quittez à un moment ou notre pays est devenu un non-état dans une république bananière. La démocratie reste confisquée, la paix jusqu’ici introuvable, le développement plombé par la confusion des gouvernants entre les biens publics et les biens personnels. On observe partout, le sacre de l’impunité, le recul de l’orthodoxie, la barbarie d’état et la dictature érigées en mode de gestion de l’état. Le pays est littéralement mis à sac par le « rassemblement des malfaiteurs du peuple » (R.M.P) opérant à ciel ouvert dans une véritable organisation tribalo–militaro-maçonique- gouvernementale (OTRIMMAGO ).
Pratiquant publiquement : un tribalisme exacerbé, faisant du Congo, un pays légal qui ne ressemble pas au pays réel gouverné par des ministres, députés, DG, généraux, issus à 90% des 10% du Nord, au détriment des 85% du sud marginalisés. une privatisation de l’armée composée d’un haut commandement fanatique et ayant tourné le dos à l’éthique d’une armée républicaine. Des maçons (pourtant réputé comme science exotérique à grandes vertus) mais devenus véritable opium d’état, infestant toutes les institutions et vouant une obéissance aveugle à leur grand maître Sassou. Un gouvernement pléthorique et impopulaire qui excelle dans la mauvaise gouvernance avec ses ministres à vie. Une franceafrique toujours prête à ensevelir des vies humaines pour sauvegarder leurs intérêts.
L’opposition, émiettée, désemparée, manquant de cohésion et de vision consensuelle, cherche encore désespérément un leader national consensuel. Le peuple traumatisé et en désarroi total croupit dans une misère inédite.
Monsieur le Président
De mémoire de militant, jamais un leader politique congolais n’a été aussi injustement victime d’une campagne médiatique de « diabolisation » orbi urbi. Jamais un homme n’a été tantôt, arrêté, incarcéré, jugé, jeté en prison, sali, traîné dans la boue, tantôt libéré, adulé, congratulé par les accusateurs eux-mêmes. Dans la plupart des cas, bien que les griefs qui vous étaient reprochés ne résistent pas à l’examen des faits réels, la campagne de dénigrement n’a jamais faibli jusqu’à votre dernier soupir. Comme le peuple juif qui préféra le malfaiteur BARABAS au Sauveur JESUS, le peuple congolais t’a rejeté et préféré un rescapé de justice : Sassou ; avec sa conscience chargée des crimes de guerres, ses mains couvertes de sang des victimes d’épurations ethniques, sa dictature, ses assassinats crapuleux, ses exécutions sommaires et ses biens mal acquis. Pourquoi donc tant de mépris, de haine, d’acharnement contre vous ? est-ce à cause de :
Du déclenchement de la guerre de juin 1997 ? Il semble établit que les ninjas sont étrangers au déclenchement de la guerre de juin 97.Une guerre imputable à l’amateurisme politique de Lissouba du à son esprit trop cartésien. Cette guerre eut pour objectif la sauvegarde des intérêts de la France et ses lobbies. Elle fut une guerre de pétrole avant d’être une guerre de simple leader chip entre Sassou et Lissouba. C’est lorsque ce dernier décida de sacrifier les intérêts français (ELF au profit d’OXY ) que la foudre tomba sur son régime.
La destruction du Pool ? De source bien informé, nous savons que la destruction du Pool relève du plan B du coup d’état de Sassou qui consistait à assiéger le POOL pour empêcher toute rébellion des ninjas et des populations du Pool. Cette région a donc été détruite par les milices Nsilulu du Révérend pasteur Ntumi à qui il était assigné cinq (5) missions essentielles : 1- Jouer le rôle d’un pseudo protecteur contre les furias des cobras 2- exterminer les ninja laissés par B. Kolélas pour éradiquer toute résistance. 3- Détruire le Pool par un pillage multidimensionnel 4-Terroriser les populations pour les intimider et les contraindre à accepter Sassou « bakala dia mama ni tata kua » 5- Servir d’éclaireur à l’armée angolaise et aux cobras pour occuper militairement la région jusqu’à la mort de Kolélas. Ntumi, fils du Pool, placé au cœur du Pool sur une base messianique comme un œil électronique du pouvoir a été l’alibi par excellence pour occuper le Pool. Maintenant que tout est accompli (kolelas mort et les ninja décimés), nous sommes sûr que la mission de Ntumi est terminée et sous peu, il sortira pour sa récompense promise par son commanditaire Sassou.
Pouvons nous penser que l’ensemble de ses déboires résulte d’un complot permanent ? Non Monsieur le président car le monde politique est une jungle où seuls réussissent ceux qui disposent des stratégies pour déjouer les coups fourrés et les complots de leurs adversaires.
Monsieur le Président,
Pour avoir un sens, la vie d’un homme, de surcroît politique, doit être un processus de transmission d’héritage. Dans votre dernière apparition publique vous avez déclaré, je cite : « j’aimerais quitter cette terre en laissant un Congo réconcilié, pacifié, épanoui et disposant des conditions de vie idéales » Nous dirons que vos vœux n’ont pas été exhaussés car les écluses de la démocratie, de la paix et du développement restent hermétiquement fermées. Aujourd’hui, cette dernière déclaration qui résonne en nous comme un testament nous semble d’autant plus difficile à réaliser que cette volonté contraste avec les nouveaux rapports de force que vos ennemis vous ont obligés de créer en signant l’accord MCDDI/RMP. En vous accompagnant à votre dernière demeure ce jour, nous enterons solennellement avec vous, cet accord MCDDI/RMP considéré à juste titre comme la rançon exigée par Sassou pour autoriser les obsèques de votre chère épouse, notre présidente de l’OFDI, ma NGOUDI, dans son Congo natal. Mais aussi la condition sine qua non imposée par Sassou pour votre retour d’exil qui ne fût accepté qu’après avoir été rassuré par les services secrets français (à l’issu d’un bilan médical catastrophique) que vous ne soyez plus une menace contre son pouvoir et les intérêts de la France Afrique. Nous enterrons cet accord car il est un compromis boiteux, un accord de dupe qui ressemble à une capitulation et un chèque en blanc donné à un escro-politique réputé pour sa mauvaise foi. Signé à un moment où vous étiez usé par l’exil, traumatisé affectivement, physiquement diminué par la maladie, la mémoire altérée et le jugement amoindrie, cet accord est juridiquement nul et ne saurait engager le MCDDI et ses militants.
Mais au-delà de toute considération, cet accord constitue l’expression concentrée du dénie de démocratie interne qui prévaut dans beaucoup des partis congolais où dominent la pensée unique et les présidences à vie de tout fondateur, quel que soit son état de santé physique ou mentale, ses erreurs stratégiques, sa vision erronée ou son incapacité à relever les grands défis.
Monsieur le Président,
Au regard de ton combat acharné pour la démocratie, la paix et le développement intégral mené courageusement jusqu’au coup d’état d’octobre 1997, nous estimons que tu es mort comme un soldat du peuple : le fusil à la main, le casque protecteur de la démocratie sur la tête, la ceinture chargée un explosif de la vérité et les pieds blindés par les valeurs d’orthodoxie. Nous, militants du MCDDI, considérons que l’acharnement médiatique dont vous avez été victime était une œuvre de déstabilisation de la jeune démocratie congolaise considérée comme un luxe par certains pions de la France -Afrique comme Chirac et ses valets locaux. Et nous sommes persuadés que ce cycle infernal de diabolisation des combattants de la liberté continuera après vous. Hier, nous avions : Tchimpa Vita, Matsoua…aujourd’hui c’est à l’ensemble de l’opposition ( Ndzon, Kinfoussia, Ngali…) que la France-Afrique veut, au nom de la sauvegarde de ses intérêts, porter un coup fatal pour maintenir le peuple congolais dans la dictature et la barbarie d’état.
Avec votre disparition, finie, l’exploitation abusive de votre nom comme un véritable fonds de commerce politique par tous ceux qui doivent leur ascension politique à la seule filiation génétique, parentale ou politique. Que tous ceux qui t’ont assassiné comme Oeudipe pour épouser la mère sachent que l’inceste politique porte une malédiction et ne permet aucune avancée démocratique.
Alors que certains ont le cœur déchiré par la douleur et les yeux pleins de larmes d’adieu d’un être cher et irremplaçable dont le souvenir restera à jamais indélébile, d’autres et au premier rang desquels Mampouya Hellot, taupe et traître (pour qui nous exigeons la démission immédiate du MCDDI) et SASSOU notre bourreau commun, versent des larmes de crocodile mais ricanent en sourdine et se congratulent de ton funeste sort qui ne constitue pourtant pas une valeur ajoutée au drame congolais
Monsieur le président, allez dire à Noumazalaye que l’accord MCDDI/RMP est une véritable escroquerie politique, allez dire à Ngouabi que lorsque ton pays est sale il ne sert à rien de le laver par son sang ; surtout lorsque tes assassins sont les valets locaux de la France-Afrique. Allez dire à Mgr Kombo que quand on rencontre un serpent dans sa maison, à défaut de le tuer immédiatement, il se retournera pour vous tuer. Allez dire à Milongo que la démocratie enfantée à la CNS aurait pu être sauvée si l’UDR et le MCDDI avaient un consensus……
Monsieur le Président, Notre parti, le MCDDI se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins : Des deux méandres, nous nous engageons de prendre celui de droite qui seul nous permettra de perpétuer ton héritage politique de génération en génération. Décidés de continuer ton combat inachevé coûte que coûte jusqu’au bout, nous mettrons tout en œuvre pour reconquérir notre rôle de locomotive de la politique congolaise grâce à un MCDDI fort, réconcilié et rénové au-dessus duquel trône un capitaine non pas nommé coutumièrement, désigné clandestinement par un cercle de beni oui oui mais démocratiquement élu et ayant la marque d’un grand leader ingénieux.
Enfin, tirant les leçons de notre parcours politique commun, concluons que: Charisme sans ingéniosité, idéal sans stratégies adaptées, combat acharné sans vision alternative, présidence à vie sans alternance, n’est que ruine d’un homme, d’un parti et d’une nation.
Que de votre tombeau terrestre de Ntsouélé et de nos tombeaux de l’ignorance, soient ensevelies nos erreurs stratégiques, de jugement et d’action afin que jaillissent l’espoir ensoleillé de lendemain qui chantent l’hymne de la libération et de la démocratie.
Vive le MCDDI
Vive le Président Bernard Kolélas- Badiantséké
Adieu Papa+ Yenda kia mboté
Fait à Ntsouélé le 22 novembre 209
Les militants du MCDDI
Brazzaville Congo






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