Il n'est point de bonheur sans liberté ni de liberté sans courage








Généralement, Warid-Congo faisait des recettes de 800 millions de FCFA par mois pour des dépenses de 2 milliards de FCFA pour avoir entre autres acquis un parc automobile impressionnant, loué à des locaux à des prix exorbitants et surtout recruté un nombre important de cadres expatriés. Pendant que les éminences grises réflechissent pour sortir de cette situation, une grève reconnue illégale par les deux parties, se déclenchait avec toutes les conséquences inimaginables.
Les conséquences ont été énormes. Comme quoi, les agents de Warid-Congo récoltent aujourd’hui ce qu’ils ont semé !
A quelques semaines des fêtes de fin d’année 2009, la restructuration à Warid-Congo ne peut que faire grincer les dents de plus d’un agent. A la vérité, la pilule sera très dure à avaler pour nos compatriotes qui se croyaient à l’abri des surprises désagréables des sociétés privées.
La dernière assemblée générale a été un grand moment de vérité et de démarcation. Qui l’aurait cru ?
En effet, malgré toutes les assurances et les précisions données par la Direction générale de Warid-Congio sur la compression non sauvage des personnels local et étranger, dans le cadre de la structuration envisagée au sein de cette société, on a pu lire surtout dans les visages des agents l’anxiété, la peur, la désolation et les inquiétudes lors de la dernière assemblée générale du collectif des travailleurs évoluant au niveau de cette entreprise de téléphonie mobile.
Cette assemblée générale a été présidée, le 9 novembre 2009, à Brazzaville, par le Directeur général de Warid-Congo, M. Farouk.
Avec la franchise et le franc-parler qui le caractérise, M. Farouk a présenté aux travailleurs, à cette occasion, un plan de structuration de cette société devant être opérationnel dans les tout prochains jours. Ce qui est encourageant.
Mais, ce plan très ambitieux va concerner, comme on l’a appris à travers certaines rumeurs folles et têtues qui circulent ces derniers temps sur cette affaire, la réduction du train de vie de Warid-Congo et, éventuellement, la compression des personnels qui se passera, dit-on, de façon «civilisée et apaisée» donc, à l’amiable, et selon les lois et règlements en vigueur dans notre pays.
En outre, cette compression des agents de Warid-Congo sera en conformité avec le Code du travail. Belle promesse !
Il est aussi question, aujourd’hui, de réduire drastiquement et presque de moitié le parc automobile parce que la société dépense énormément d’argent pour leur dotation en carburant et leur maintenance, a dit M. Farouk.
Il a souligné que, c’est un impératif pour la société Warid-Congo d’aboutir dans les meilleurs délais à une ration devant lui permettre de fonctionner selon les normes conventionnelles, pratiquées par toutes les entreprises de téléphonie mobile à travers le monde.
A MTN, par exemple, un agent de cette société a la charge de gérer 5000 abonnés. A Zain-Congo, il y a 3000 abonnés pour un agent de cette compagnie.
Alors qu’à Warid-Congo, un agent ne prend en charge que 700 abonnés ! Ce qui représente sans aucun doute une contre performance et surtout une épine pour Warid-Congo, appelée à s’imposer dans un domaine très concurrentiel.
M. Farouk a également déclaré au cours de cette rencontre avec le collectif des travailleurs de sa structure, qu’il est nécessaire sinon important pour la société de se recentrer sur le cœur de ses activités, tout en parlant avec insistance que la diminution du train de vie de la société et la réduction des personnels qui, se fera de façon «civilisée» et non de manière «sauvage», décidées par la Direction générale de l’entreprise avec l’aval de son Conseil d’administration, sont la seule voie de salut devant permettre à Warid-Congo de redorer son image, de renforcer et de consolider à l’avenir de ses capacités opérationnelles, afin d’éviter du coup le chaos et sa disparition totale, pour le plus grand intérêt des populations qui ont encore besoin de ses services.
Pour réussir cette structuration, M. Farouk a fait savoir qu’un programme, qu’il a qualifié d’agressif sera mis en place. Ce programme sera soumis à leurs partenaires afin qu’ils apportent dans ce cadre leurs expertises. Il s’est dit convaincu que cela va permettre dans un laps de temps à la société Warid-Congo de se refaire une santé sur tous les plans.
Quand Castanou sort de sa réserve
A l’image de Jésus Christ, Yves Castanou n’a pas gardé sa langue dans la poche pour stigmatiser les erreurs de toutes les parties (le groupe Warid, le gouvernement congolais, la direction générale de warid-Congo, les expatriés et le personnel local évoluant dans cette société).
En effet, le représentant du Conseil d’administration de Warid-Congo, M. Yves Castanou, a expliqué que beaucoup d’erreurs ont été commises dès l’implantation de la société dans le pays. Il s’agit pour lui, par exemple, du recrutement sauvage du personnel local manquant à n’en point douter d’une formation fiable, la non application du processus de congolisation des postes et de l’embauche massive des expatriés, pour la plupart, peu expérimentés et peu qualifiés.
Le Congo n’a pas su accompagner Warid-Congo dans son implantation dans son territoire, a-t-on appris à cette occasion. Les exonérations sur la TVA, les charges sociales de téécommunication, les redevances des fréquences, la douane, etc. qui devraient être supportées par l’Etat congolais selon les accords, n’ont pas été faites. Par ce fait, Warid-Congo, éprouve plusieurs dettes vis-à-vis des tierces.
Le non respect des engagements par l’Etat congolais selon nos sources, a causé sérieusement du tort à la société Warid-Congo au point de nous retrouver avec une dette de plusieurs milliards de FCFA, la partie congolaise n’a pas respecté ses engagements.
Les difficultés de la compagnie ont été, semble-t-il, aggravées entre autres par les récurrentes coupures de courant électrique et les délestages pratiqués par la Société Nationale d’Electricité (SNE), obligeant ainsi l’entreprise à dépenser d’énormes sommes d’argent pour la dotation en carburant des générateurs afin de faire fonctionner «la maison». Entre 2007 et 2008, il a été rappelé qu’il y a eu beaucoup d’incompréhensions au sein de la société Warid-Congo. La situation sociale chaotique, les difficultés financières, le manque de leadership et autres, ont été parmi les grands maux auxquels l’entreprise a été confronté pendant cette période.
Pour M. Castanou, l’arrivée de M. Farouk à la tête de Warid-Congo, a permis d’éviter le grand chaos qui était prévisible au niveau de cette compagnie, affirmant que l’actuelle Direction générale est en train de consentir d’énormes efforts et des sacrifices
pour le redressement de la société. Il a déclaré que pour les locaux, par exemple, 135 agents seront remerciés sur les 242 que la société Warid Congo emploie depuis quelques années. Yves Castanou dans un langage clair et simple n’a pas hésité par ailleurs, texte à l’appui de rappeler aux délégués du personnel et des syndicalistes que, la grève déclenchée depuis le 5 novembre était illégale.
En effet, pendant que les négociations portant sur la restructuration de Warid se poursuivaient, des agents en voie d’être licenciés ont déclenché une manifestation visant certainement à mettre la pression sur la direction générale afin qu’elle accélère le processus de revendication de leurs droits. C’est ce qui justifierait le caractère illégal que ne cesse d’exiber l’employeur sur le fondement de l’article 243 qui dispose :
«En cas de refus de négocier opposé notamment par l’employeur et dûment constaté par l’inspecteur du travail au sein de l’entreprise, les travailleurs peuvent user immédiatement de leur droit de grève».
Il est une vérité de Lapalisse que cette grève a eu des «conséquences économiques immédiates :
- perte du chiffre d’affaire de près de soixante millions de francs pour les villes de Brazzaville et de Pointe-Noire, sans compter les autres localités couvertes par le réseau Warid ;
-près de 800 clients ont été renvoyés du bureau commercial de Brazzaville et Pointe-Noire pour cause de fermeture du business center,
-plus de 20. 000 appels n’ont pas pu être reçus, ni traités au centre d’appel ». Tels sont, de source digne de foi (la Direction générale de Warid) les principaux préjudices – exhaustifs et non limitatifs-que la société a subis suite à cette manifestation ilégale.
Si la prétention de l’employeur est fondée, dans ce cas, les grévistes risqueraient gros, car, l’inspection du travail, autant que les juridictions sociales sont sans pitié sur la question.
En effet, il convient de rappeler qu’en droit congolais du travail, autant qu’en droit français, le recours à la grève est subordonné à l’épuisement préalable de toute
procédure de négociation. L’article 242 l’annonce en des termes très clairs.
Vu sous cet angle, la grève aurait pu ne pas être déclenchée, surtout que la direction générale n’a pas reçu un préavis de grève tel que prévu en l’article 248-14 qui dispose :
« Le préavis doit parvenir sept jours avant le déclenchement de la grève à la direction de l’entreprise,… Il fixe le lieu, la date et l’heure du début, ainsi que la durée, limitée ou non de la grève envisagée ».
En l’espèce, rien de tel n’a été observé ; mieux, la direction de Warid n’a pas rompu les négociations engagées, c’est ce qu’affirment les responsables de cette société qui ont été au contraire surpris de l’allure que prenait la situation.
Comme quoi, de ce mouvement de grève, un revirement de la situation est prévisible dans la mesure où le préjudice subi du fait de l’arrêt du travail, est certain.
Réponse du berger à la bergère
Le délégué du personnel et secrétaire général est monté au créneau sous les applaudissements de l’assemblée. D’emblée ce dernier a fait savoir à l’auditoire que la grève était illégale dans la forme et non dans le fond. ll a ensuite révélé que, faire déplacer le call-center en prenant des sous traitants, était une abérration. Cela ressemble à un marché de dupes. Sur cette question, Yves Castanou a répondu en disant que, la sous-traitance n’était pas d’abord un acquis et n’avait rien d’anormale. Le plus important consistait à la réduction des dépenses et à l’efficacité des services.
Avant de clore cette assemblée, un agent de Warid-Congo a invité les délégués du personnel et la direction générale de continuer les discussions pendant que les autres agents devraient reprendre immédiatement leurs activités le 10 novembre 2009.
Le 10 novembre 2009, bien que les agents soient venus très nombreux au siège de Warid-Congo mais ces derniers, ont continué leur grève. En fin de matinée, les délégués du personnel et les syndicalistes se sont rendus auprès du ministre des postes et télécommunications, M. Thierry Moungalla avec lequel ils auraient convenu de lever la grève le soir.
Imbroglio total
Curieusement, pendant que les délégués du personnel et les syndicalistes décident de se retrouver en assemblée générale avec tous les agents et faire lever la grève à partir du lundi 11 novembre 2009, Ils apprennent de partout, que deux de leurs collègues venaient de recevoir des lettres de licenciement à Pointe-Noire : la fièvre monte.
La direction générale de son côté, ayant appris les mouvements de casse qui s’organiseraient et les menaces qui pèseraient sur les agents qui s’obtineraient de travailler, a demandé aux forces de l’ordre d’assurer la sécurité des locaux et du personnel, ce qui justifie la présence massive des véhicules d’intervention de la police nationale bourrés des «koro-koro». Au matin du 11 novembre a-t-on appris des sources sûres, sept délégués seraient limogés pour indélicatesse.
Au moment où nous mettons sous presse cette édition, nous apprenons que Yves Castanou est en négociation avec tous les services.
Au regard de tout ce qui s’est passé dans notre pays, il y a quelques années, notamment, les travailleurs limogés de la SOTELCO et de la SOPECO, on pourrait comprendre les réactions des agents de Warid-Congo.
Très prudents et surtout apeurés par la tournure vertigineuse que prennent souvent les actes de licenciement au Congo ces dernières années, leur crainte se trouve justifiée et plus que renforcée. Ont-ils tort ? Non !
Cela devrait nécessairement interpeller la direction générale de Warid-Congo pour que les personnels notamment les Congolais devant être licenciés bientôt, bénéficient au moins de tous leurs droits légitimes, comme le stipulent tous les textes en vigueur au Congo. A ce sujet, le Code du travail est suffisamment clair et éloquent. Personne ne doit être laissé et abandonné comme un malpropre en guenilles !
Au regard de ce qui précède, nous osons espérer que la direction générale de Warid-Congo ne remettra pas en cause ses engagements fondamentaux quant à ce qui concerne une compression «bien civilisée» qui n’abandonnera aucun agent soit-il Congolais sur le trottoir de la misère, de la mendicité et de la galère exubérante. Il ne servira de rien à créer des mécontents et des aigris en cette période de paix qui mérite d’être solidifiée.
Voilà, ici et maintenant, le vrai chemin à suivre par les gestionnaires de Warid-Congo, s’ils sont vertueux et surtout s’ils veulent éviter des tensions sociales, des concerts de casseroles et des sit-in au rond point de l’ex-Monoprix. Mais nous signalons en passant que, la loi devrait être respectée. Par conséquent il serait difficile de condamner la direction générale sur les décisions à prendre contre les fauteurs de trouble.
Affaire à suivre.






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