Il n'est point de bonheur sans liberté ni de liberté sans courage








Très vite, la panique s’est emparée des populations qui attribuent sans condition cette action aux Mindjula qui pillulent dans la zone. Descendus sur les lieux, le maire, les conseillers
municipaux ainsi que la police de Nkayi ont dû constater avec amertume l’ignoble acte. Mais, aucune déclaration n’a été faite aux populations, évitant de répandre de plus bel la
panique. Le maire de Nkayi, Dr Boueya, a simplement annoncé que la police a ouvert une
enquête.
Les populations, mieux averties que quiconque dans ces histoires de Mindjula, ont mis en place des mesures d’auto-défense. Elles ne restent plus longtemps dans les champs agricoles éloignés,
auxquels d’ailleurs elles ne vont plus qu’en groupe.
Les femmes ne tiennent plus à laisser traîner leurs enfants, tant dans la cour de la maison qu’à l’école.
Le phénomène des déterreurs a déjà pris une grande ampleur dans le département de la Bouenza, après celui du Pool, connu comme base originaire de cette sorcellerie. Plusieurs des acteurs ont déjà
été arrêtés avec leur butin par la police, mais aucune mesure n’a suivi ces arrestations. Tout se passe comme si c’était normal que des citoyens se comportent impunément de la sorte, profanant
les tombes des disparus sans être inquiétés.
La police nationale, plusieurs fois indexée comme complice par ces populations du fait de son manque d’action, malgré les preuves, n’arrête pas le phénomène. Des personnes arrêtées, même avec
leur sac d’ossements humains, sont toujours remis en liberté, et continuent à scruter les tombes.
Prises de peur, nombreux à Nkayi enterrent leurs enfants décédés dans leur domicile, de peur que nuitamment les déterreurs ne viennent retirer la « carlingue ».
Plus coriaces, les populations de Bouansa versent de l’acide, en guise de dernier bain, sur les cadavres, afin que ces bandits ne retrouvent plus que de la cendre dans les linceuls.






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