NAIROBI (AFP) - Le Rwanda a été admis dimanche au sein du Commonwealth, le jour même où il rétablissait ses relations diplomatiques avec la France, ouvrant la voie à une normalisation des rapports avec ce pays, au point mort depuis trois ans.

Les deux événements, a priori sans lien direct, ont scandé une journée diplomatique sans guère de précédent pour ce petit pays enclavé d'Afrique centrale, peuplé d'un peu moins de 9 millions d'habitants.

Kigali a d'abord confirmé sa volonté d'un ancrage renforcé au sein du monde anglophone, en obtenant son accession au Commonwealth, qui réunit les Etats issus de l'ancien empire colonial britannique.

Le Rwanda est le deuxième pays, après le Mozambique, à rejoindre l'organisation placée sous l'autorité de la reine d'Angleterre Elizabeth II sans avoir jamais été colonie britannique ni entretenir de lien constitutionnel avec la couronne.

Ancienne colonie belge jusqu'à l'indépendance en 1962, le Rwanda, pays de tradition francophone, rejoint ainsi un bloc dont l'anglais est la langue commune.

"Les dirigeants (du Commonwealth) ont décidé d'accepter le Rwanda comme leur 54ème membre", a annoncé dimanche le porte-parole de l'organisation, Eduardo del Buey, à l'issue d'un sommet à Trinidad et Tobago.

"Mon gouvernement voit cette accession comme une reconnaissance des progrès remarquables accomplis au cours des quinze dernières années", a déclaré à l'AFP la porte-parole du gouvernement rwandais et ministre de l'Information Louise Mushikiwabo.

Le Rwanda avait déjà adhéré en 2007, en même temps que son voisin francophone le Burundi, à l'East African Community, le bloc économique jusqu'alors limité aux trois pays anglophones d'Afrique de l'Est, le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie.

Au Rwanda, l'anglais a déjà rejoint en 2003 le kinyarwanda et le français comme langue officielle, et il a même supplanté le français l'an dernier comme langue d'enseignement public.

Mais ce rapprochement accéléré avec le monde anglophone n'a pas empêché Kigali d'entamer une normalisation de ses relations avec Paris, avec l'annonce dimanche par l'Elysée que "le président de la République française (Nicolas Sarkozy) et son homologue rwandais (Paul Kagame étaient) convenus de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays".

 

Cette annonce surprise a fait suite à une visite très discrète dimanche à Kigali du secrétaire général de la présidence française, Claude Guéant, ont révélé les deux capitales.

Kigali avait suspendu ses relations diplomatiques avec Paris en 2006, après l'émission par un juge français, Jean-Louis Bruguière, de mandats d'arrêt contre des proches du président Kagame, soupçonnés d'être impliqués dans l'assassinat de l'ex président rwandais Juvénal Habyarimana, dont la mort le 6 avril 1994 est considérée comme l'élément déclencheur du génocide au Rwanda.

Les relations entre les deux pays étaient en fait très tendues depuis 1994, les autorités de Kigali issues de l'ex-rébellion du Front patriotique rwandais (FPR) à majorité tutsi accusant Paris d'avoir aidé les génocidaires hutu alors au pouvoir, ce que la France a toujours démenti.

800.000 personnes, en majorité tutsi, ont été tuées dans ce génocide.

L'élection de Nicolas Sarkozy en 2007 et le renouvellement du personnel dans les milieux dirigeants français avaient cependant permis d'espérer ces derniers mois une embellie dans les relations bilatérales.

"Pour nous, c'est une excellente nouvelle", a commenté à l'AFP Mme Mushikiwabo.

"Nous comptons également résoudre le moment venu tous les problèmes qui demeurent sur la base d'une compréhension réciproque", a indiqué la ministre rwandaise des Affaires étrangères Rosemary Museminali.

Son homologue français Bernard Kouchner s'est également réjoui. "Ces deux pays, qu'unissent à la fois tant d'incompréhensions, de culture commune et d'espoirs partagés, vont reprendre leur marche solidaire", a-t-il dit.

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Sénégal: affrontements entre étudiants  et forces de l'ordre à Dakar

Des affrontements opposaient mercredi sur le campus de l'université publique à Dakar les forces de l'ordre à des étudiants protestant contre la mort la veille d'un des leurs lors de la dispersion d'un rassemblement de l'opposition par la police, a constaté un journaliste de l'AFP.

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Les incidents ont éclaté lorsqu'un groupe d'étudiants de l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad) a voulu sortir du campus pour aller assister dans un hôpital voisin à la levée du corps du manifestant tué, étudiant en Lettres modernes.

Il est décédé des suites de ses blessures après avoir été renversé par un véhicule lors de la dispersion du rassemblement des opposants à la candidature du chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade à la présidentielle de février.

Les affrontements, jets de pierres contre gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc, se poursuivaient dans l'après-midi.

Quelques dizaines de policiers déployés à deux sorties du campus de l'université tentaient de disperser de petits groupes d'étudiants qui les harcelaient de pierres à partir de bâtiments du campus.

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