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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /2009 15:53

L’Opposition demande que le général Ndénguet, les colonels Ntsoumou Mounkala et Bouity soient aussi entendus ...

Me Ambroise Hervé Malonga, Vice-président en chargé des questions sociales et droits de l’Homme du Front des partis de l’Opposition Congolaise (FPOC), a animé le 1er  octobre 2009, à Brazzaville, en présence de M. Guy Romain Kinfoussia, Vice-président en chargé des relations extérieures et de M. Clément Mierassa, Vice-président en chargé des questions politiques et électorales du Fpoc, une conférence de presse portant sur les questions brûlantes de l’heure.

En effet, suite à tout ce qui se dit, se trame et est en train de se mijoter dans les officines politiques, sur un vrai ou faux complot monté par le Front des Partis de l’Opposition, Me Ambroise Malonga demande l’audition du général Jean François Ndénguet, des Colonels Ntsoumou-Mounkala et Bouity dans l’affaire des faux complots qui fait couler tant de salive.

1- Sur la forme de l’actuelle équipe gouvernementale

Au cours de cette communication, le premier point évoqué par Me Malonga est celui du cas de violation flagrante de l’article 74 de la Constitution du 20 janvier 2002, en ce qui concerne la composition du Gouvernement du «Chemin d’Avenir», Me Malonga a tenté de démontrer le caractère illégal du nouveau gouvernement, qui dans sa composition en quatre pôles, ne répond nullement aux dispositions de la loi, contenues dans la Constitution du 20 janvier 2002, notamment en son article 74. Car dans cette configuration, «certains ministres devront rendre des comptes à d’autres ministres, dit sd’Etat, (Sic !) ; alors que la Constitution en son article 74, stipule clairement que les ministres sont responsables devant le Président de la République,  seul et non devant des collègues», a précisé Me Malonga.

Aussi, pour Me Hervé Ambroise Malonga, «Le gouvernement actuel est foncièrement anticonstitutionnel», cela prouve, une fois de plus, la volonté manifeste du Président Denis Sassou Nguesso de violer constamment et continuellement notre Constitution, comme à son habitude.

En effet, bien que la Constitution  permette au Président de la République élu, de déléguer certains de ses pouvoirs à une personne, elle ne lui permet pas par contre de le faire pour quatre personnes comme s’en est le cas de figure. La création des quatre (04) pôles, pour la conduite de l’action gouvernementale est donc selon lui, une violation flagrante de la Constitution. Au regard de ce qui précède, les actes de ce gouvernement sont donc illégaux, et donc,  de nul effet. 

Le caractère purement militaire de cette procédure conduite, malheureusement, par un militaire de carrière, en lieu et place d’un vrai officier de police judiciaire…

 Me Malonga a fustigé les interdictions de sorties du périmètre de Brazzaville imposés à certains leaders de l’opposition par les autorités de la République, sans motif apparent. Il a ainsi dénoncé l’arbitraire qui frappe certains leaders de l’opposition, puisqu’aucune disposition de la loi ne permet qu’il soit ordonné une interdiction de sortie du territoire des personnes qui sont sous le coup d’une procédure d’enquête préliminaire et qui ne sont pas encore inculpés. Présomption d’innocence oblige !

 Il a aussi dénoncé le caractère purement politique de l’instruction qui est menée par le général Gilbert Mokoki, patron de la gendarmerie qui, pour Me Malonga, n’aurait pas les compétences requises pour conduire une telle procédure, n’étant pas lui-même un officier de police judiciaire, (OPJ) puisqu’il est militaire de carrière. Cela est bien connu de tout le monde.

Le général Denguet, les colonels Bouity et Ntsoumou Mounkala ainsi que le ministre Akoualat devraient, eux aussi, être interpelés et entendus….

Dans cet imbroglio politico-judiciaire, Me Malonga n’a pas hésité de se poser la question de savoir si le Procureur général de la République, qui nie être à l’origine de cette procédure, ne pouvait-il pas se saisir d’une telle affaire ?

Qui serait alors derrière cette affaire, assez insolite qui échappe jusqu’ici au Procureur général de la République ? N’est-ce pas là, une espèce de machination politico-politicienne?

Néanmoins, les avis semblent partagés entre, d’une part ceux qui indexent le Procureur général de la République comme étant celui qui aurait déclenché la procédure, et d’autre part, ceux qui, tacitement, pensent à l’implication directe du chef de l’Etat et de ses Faucons bien connus de tous. Qui dit vrai ?

Est-il possible de penser, même en rêve, que le Président Sassou Nguesso qui venait d’affirmer devant la tribune des Nations Unies, qu’au Congo, tous les citoyens jouissent jusqu’ici de leurs droits et libertés publiques, puisse se comporter, réellement, aujourd’hui, comme un vrai pompier-pyromane ? Nul ne le sait encore.

S’il est démontré ou prouvé que le chef de l’Etat n’est pas embusqué derrière cette opération de nuisance à notre démocratie, faut-il alors espérer voir tous les fonctionnaires zélés, civils ou militaires, policiers ou gendarmes, impliqués de près ou de loin dans cette affaire, interpelés, entendus et sévèrement punis. Sans exception et sans complaisance.

Il revient donc au Président Denis Sassou Nguesso qui aborde son dernier septennat à la tête du Congo d’éviter de s’encombrer par ceux qui ternissent son image et sa réputation. Ceux qui, par excès de zèle ou par position dominante, commettent des actes irresponsables pour s’attirer les mille et une faveurs du Président Sassou Nguesso.

Pour Hervé Ambroise, s’il fallait dire le droit dans toute sa rigidité, il serait souhaitable que certains acteurs bien connus à savoir le Directeur Général de la police nationale, le général Jean François Ndenguet, le Commissaire central de la police de Brazzaville, le colonel Bouithys, tous deux présents, lors de «cette marche à problèmes» soient eux aussi interpelés et entendus par une commission mixte d’enquête qui se pencherait sur ce dossier fumant.

Or, il est désolant de constater, jusqu’ici, le mutisme du général Ndenguet ainsi que le silence des colonels Bouithys et Ntsoumou Mounkala. Leur version des faits n’a jamais été connue. Pourquoi n’apportent-ils pas leur concours pour éclairer l’opinion sur ce fameux coup d’état qui serait monté par les leaders de l’Opposition ?

Il en est de même du ministre Alain Akoualat-Atipault qui devrait aussi porter toute sa responsabilité sur l’un des volets de ce dossier, pour avoir refusé, ce 15 juillet 2009, aux leaders de l’Opposition de procéder à l’annonce sur les antennes des médias officiels, du report brutal du meeting en salle prévu ce même 15 juillet 2009, au Palais du Parlement.

Dans ces évocations, Me Malonga n’a pas manqué de signaler le contenu de la lettre du Président de l’Association Panafricaine Thomas Sankara, M. Céphas Germain Ewangui, publiée dans la dernière livraison de «Talassa» n° 201, et adressée au Directeur général de la police nationale (DGPN), lui demandant de donner ordre à ses services de ne pas appliquer la mesure portant atteintes aux libertés publiques et aux droits fondamentaux de certains leaders politiques de l’opposition. La liberté est comme la paix, elle n’a pas de prix.  Tous les citoyens, apolitiques, neutres,  proches du pouvoir de Mpila ainsi que ceux qui se réclament aujourd’hui de la fameuse opposition dite « radicale » sont libres et doivent jouir de leurs droits, sauf dispositions contraires.

Aussi, cette mesure abjecte, inique et aux élans politiciens n’honore point notre pays, notre Président de la République fraîchement élu ainsi que toutes les institutions républicaines.

Que reproche-t-on donc exactement à l’opposition ?

Très acerbe mais le verbe précis, Me Malonga a affirmé que les principales accusations tournent autour de l’organisation, le 15 juillet 2009, à Brazzaville, de «la marche dite de l’opposition radicale» qui, selon certains analystes fieffés et autres Faucons de Mpila,  visait un but précis : susciter la révolte populaire, ouvrir la voie à la désobéissance civile et surtout provoquer des émeutes et des actes de mécontentement généralisé au sein de la population brazzavilloise. Qui l’aurait cru ?

En outre, il a révélé qu’à la question suivante : «Aviez-vous pris part à cette marche, la réponse donnée aux enquêteurs a été claire : Oui ! Quant à celle relative à son organisation et à sa préparation, Me Malonga a répondu sèchement : Non !

Puisque a-t-il dit, «Nous avions été contraints, malgré nous, de participer de manière spontanée à cette marche de nos militants et sympathisants, non armés.

Il a aussi rappelé que les médias d’Etat ayant refusé de diffuser notre communiqué adressé à nos militants, il nous a été donc impossible de communiquer avec nos militants et sympathisants qui, ce 15 juillet 2009, ne cessaient de se regrouper au lieu prévu pour le meeting à savoir le Palais du Parlement.

Pour Me Malonga, la présence très remarquée des leaders de l’opposition à «cette marche pacifique et improvisée» du 15 juillet 2009, visait essentiellement un seul et unique but : apaiser les esprits des militants et sympathisants du Front, encadrer et guider la marche tout au long de son parcours afin qu’elle ne dégénéra point en actes inciviques: pillage, casse, désordre ou soulèvement populaire.

Pour les leaders de l’opposition, il fallait, coûte que coûte, canaliser et discipliner tous nos militants présents sur les lieux, mais découragés et un peu excités suite à l’annulation pure et simple du meeting.

Pour éviter le chaos et tout ce que certains «spécialistes» seraient tentés d’imaginer aujourd’hui pour produire des fiches de renseignements et des faux rapports (…) dans le but d’accabler les leaders de l’opposition. Est-ce un délit de prendre, face à un danger réel et pressant, toutes ses responsabilités pour éviter le pire ?

La question des armes de guerre

Le 15 juillet 2009, il y a eu un blessé, au cours de cette marche interrompue, brutalement, par les éléments de la Force publique.  Aussi, il est reproché aux leaders de l’opposition, de détenir illégalement des armes de guerre et surtout d’être responsables du grand désordre et des heurts ayant opposé les Forces de l’ordre à la foule.

Pour Me Malonga, les armes dont pouvaient se prévaloir les leaders de l’opposition sont celles affectées officiellement aux gardes du corps, commis par le Haut commandement militaire pour assurer la sécurité de tous les candidats à l’élection présidentielle, soient-ils de l’opposition dite radicale. Dès lors, peut-on alors parler de port illégal d’armes de guerre? S’est-il interrogé. Le Front des Partis de l’Opposition Congolaise (FPOC) n’a aucune cache d’armes, aucun milicien, aucune arme de guerre, aucune tenue militaire, ni moyens roulants appartenant à la Force publique.

Que la commission mixte qui voudrait en savoir un peu plus sur la détention et la circulation illégale d’armes de guerre au Congo, se déporte  tranquillement, à Ntsambitsio, non loin du District d’Oyo, dans la Cuvette ou bien chez le Pasteur Ntumi, dans le Pool où des milliers de jeunes miliciens batifolent avec des armes, au vu et au su de tout le monde, ou encore à Poto-poto, dans les arcades du front 400 bien connu de tous. Enfin, il a déclaré que l’opposition congolaise n’a aucun arsenal de guerre.

«Il ne sert donc à rien de nous empêcher de sortir du pays car nous savons tous que le combat est ici au pays et non à l’étranger».

Pour M. Mierassa, la stratégie du pouvoir de Brazzaville est simple à deviner. Elle vise essentiellement à  museler, affaiblir et surtout émasculer l’opposition congolaise notamment le Front des Partis de l’Opposition Congolaise (FPOC) devenu une menace permanente. Au regard de ce qui précède, l’opposition ne se laissera pas faire, a déclaré Clément Miérassa qui a ajouté qu’ils se battront jusqu’à l’instauration de la démocratie, la vraie dans notre pays. Aujourd’hui, personne parmi nous, n’a l’intention de quitter ce pays afin de se constituer exilé politique. C’est ainsi que même si nous pouvons sortir  hors du pays, nous serons obligés de revenir. Nous ne sommes ni inquiets ou inquiétés par toutes les  intimidations du pouvoir. Nous souhaiterions que les enquêtes qui sont menées, aujourd’hui, aboutissent enfin à un procès public. Nous y sommes partants, a-t-il fait savoir.

Pour sa part, M. Kinfoussia s’est dit prêt à répondre de sa responsabilité devant une juridiction appropriée, «je suis prêt à porter la responsabilité de tout dérapage, en ma qualité de chef de l’opposition à cette époque» a-t-il martelé.

Enfin, les leaders de l’opposition ont renouvelé leur confiance et leur attachement autour du nouveau leader de l’opposition, M. Mathias Dzon.

En attendant les résultats des enquêtes en cours, bien malin qui pourrait prédire de la fin de ce long feuilleton.

Affaire à suivre.

Ghys Fortune DOMBE BEMBA et David

Par Geoffray - Publié dans : Politique
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