Lors de sa première comparution à la CPI, Laurent Gbagbo s'est vu signifier les charges qui pèsent contre lui. Et s'en est pris vivement à la France. Florilège.

Première comparution de Laurent Gbagboà à la CPI. Le jury fait son entrée dans la salle à 14 heures précise. Laurent Gbagbo, les avocats de la défense, et l’accusation se lèvent puis se rassèyent. Costume bleu marine, cravate ciel et chemise blanche, l'ancien chef de l'État ivoirien est assis au dernier rang, à droite des juges. La juge Silvia Fernandez de Gurmendi lui demande de décliner son identité. « Je suis Laurent Koudou Gbagbo, mais officiellement, sur le papier, c’est Laurent Gbagbo. On m’appelle aussi Koudou, c’est mon vrai nom. Je suis né en 1945 à Gagnoa en république de Côte d’Ivoire », répond l’ancien président.

« Comprenez-vous bien le français », lui demande alors la juge. Réponse : « Je ne parle que français, malheureusement ». La juge rappelle qu’il ne s’agit pas d’un procès mais d’une audience qui a pour but de vérifier son identité, de lui signifier les charges qui pèsent contre lui et de lui lire ses droits. « J’ai été informé des crimes que l’on me reproche et de mes droits », se contente de dire Gbagbo avant de se rafraichîr. La juge lui explique qu’il ne peut témoigner contre lui-même et s’avouer coupable. Le detenu opine du chef avant de regarder les personnalités présentes dans le public, toutes assises derrière une vitre de verre.

Dans l'assistance, des représentants des corps diplomatiques, des militants associatifs ivoiriens, des membres des collectifs de victimes et, bien-sûr, la presse. Une centaine de journalistes ont fait le déplacement à La Haye. Il y a aussi Me Habiba Touré, une conseillère jurique de l'ex-président et Me Rodrigue Djadjé, l'avocat de Simone Gbagbo, l'épouse de Gbagbo actuellement recluse à Odienne au nord de la Côte d'Ivoire.

"C’est l’armée française qui a fait le travail"

À 14h11, en réponse à une question sur sa détention, l’ancien chef d’État se lève avant d’entamer un long plaidoyer contre l’intervention militaire de la France en Côte d’Ivoire et la manière de gouverner du président Ouattara. « Les conditions de ma détention à la Cour de La Haye sont correctes, a-t-il affirmé. Ce sont les conditions de détention normales d’un être humain. Par contre, celles de mon arrestation, le 11 avril 2011, le sont moins. J’ai été arrêté dans les décombres de la résidence officielle du chef de l’État qui a été bombardée du 31 mars au 11 avril. Le jour de l’assaut final, une cinquantaine de chars français ont encerclé la résidence. C’est l’armée française qui a fait le travail. Les forces régulières étaient alors de mon côté. Le ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro, est décédé devant mes yeux. Mon médecin personnel, le Dr Christophe Blé, a également failli mourir. Mon fils aîné, Michel Gbagbo, actuellement en détention - pourquoi l’a-t-on arrêté si ce n’est parce que je suis son père - a été battu sous mes yeux. »

Je ne voyais pas le soleil. Ce n’est que lors des visites de mes avocats que j’ai pu voir la lumière du jour.

« On m’a alors emmené à l’hôtel du Golf, siège de campagne d’Alassane Ouattara. Le 13 avril, l’Onuci nous a transférés (avec son médecin, NDLR) à Korhogo, à plus de 500 km de là. On m’a alors enfermé dans une villa. On ma proposé trois repas par jour mais, comme je ne mange pas le matin, je n’en ai accepté que deux. Je ne voyais pas le soleil. Ce n’est que lors des visites de mes avocats que j’ai pu voir la lumière du jour. Et encore, mon avocat, Me Emmanuel Altit, est venu à Korhogo au terme d’un périple de deux jours. Mais on l’a empêché de me voir. J’ai connu l’enfermement sans pouvoir marcher, voir le ciel, sortir dehors. J’ai eu de nouvelles pathologies en plus de celles que j’ai déjà. Je ne suis plus un jeune de 20 ou 30 ans, vous savez. J’ai mal à l’épaule et aux poignets. Heureusement, depuis je suis arrivé à La Haye, j’ai passé des radios et on me donne des médicaments ».

"Surpris par certains comportements"

Le chef de l’État a alors marqué un léger temps mort, le temps de sourire et de lancer un regard à la presse, avant de continuer : « Concernant mon transfert à La Haye, je suis surpris par certains comportements... Là encore on nous a trompé. On m’a appelé (mardi dernier, NDLR) pour me demander de rencontrer un magistrat qui devait m’entendre dans le cadre d’une affaire. Pendant que l’on discutait avec ce magistrat au tribunal de Korhogo, le juge d’application des peines est arrivé avec le mandat d’arrêt de la CPI.
Immédiatement, j’ai improvisé (en fait, c’est la chambre d’accusation d’Abidjan qui s’est réunie exceptionnellement à Korhogo, NDLR) une séance de jugement pour que la Cour donne son autorisation à mon transfert. »

Je suis venu à La Haye sans rien excepté mon pantalon et ma chemise.

Nouvelle reprise de souffle avant de conclure : « Je suis là, on va maintenant aller jusqu’au bout. Madame la juge, je tiens toutefois à vous signaler, pour les cas futurs, que l’on peut faire les choses de manière plus normale. On n’a pas besoin de se cacher pour nous transférer à La Haye. J’ai dirigé la Côte d’Ivoire pendant dix ans. Je n’ai pas fait ça. Une fois l’audience de Korhogo achevée, mon geôlier (le commandant Fofié Kouakou, en poste à Korhogo, NDLR) m’a emmené dans sa voiture en direction de ma villa. Mais il a dépassé le lieu de ma résidence. "On ne s’arrête pas", ai-je demandé. Il m’a répondu : "Non, on va l’aéroport. Il n’est pas éclairé et votre avion doit partir avant 18 heures 30. Ou est ce que je vais ?" lui ai-je alors demandé. Il n’a pas eu le courage de me le dire. Il a dit : "Abidjan." J’ai alors rigolé car j’avais compris. Je suis venu à La Haye sans rien excepté mon pantalon et ma chemise.

Madame la juge, prenez les précautions pour que dans d’autres pays, d’autres cas, cela ne se reproduise pas. Ça ne sert à rien. On veut faire croire que les gens ne veulent pas comparaître devant la CPI. Si on m’a accusé, c’est qu’on a des éléments de preuve. Lorsque je comparaîtrai, vous aurez les miens et vous jugerez. »

Hymne ivoirien

Laurent Gbagbo, s’est alors rassis à 14 heures 23 après une intervention de 12 minutes. La juge a alors fixé l’audience de confirmation des charges au 18 juin 2012. Une date qui pourra être reportée à la demande de l’accusation ou de la défense, si ceux-ci veulent plus de temps pour préparer l’audience. Mais ni le procureur Moreno Ocampo ni Me Emmanuel Altit n’ont, pour l’instant, émis ce souhait. La juge a alors demandé à ce qu’on attende la sortie des juges pour escorter Laurent Gbagbo en dehors du prétoire. L’ancien président s’est alors tourné vers le public. Il a salué Me Touré et Me Djadjé avant que le rideau se ferme.

Laurent Gbagbo a alors quitté la salle d’audience avant d’être ramené dans sa cellule de la prison de Scheveningen à une dizaine de kilomètres de là. Ses partisans, qui ont entonné l’hymne ivoirien durant les débats, ont eux aussi quitté leur loge avant de répondre aux questions de la presse. Dans les prochaines semaines et les prochains mois, le détenu va se consacrer à la préparation de sa défense qui, à l’image de ce qu’il a montré à cette audience, devrait être « musclée ». Ses cibles : la France et la république d’Alassane Ouattara.

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Par Pascal Airault,

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L'explosion d'un dépôt de munitions le 4 mars à Brazzaville a fait plus de 2.300 blessés et près de 14.000 sans-abri, le nombre de tués restant inchangé à près de 200 victimes, dont les obsèques se dérouleront dimanche, selon un nouveau bilan jeudi du gouvernement congolais.

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Lors d'une séance de questions d'actualité au Parlement, le ministre du Plan et président de la Commission d'évaluation du sinistre, Pierre Moussa, a donné le chiffre de 13.854 sans-abri.

Les hôpitaux ont reçu 2.315 blessés, dont 297 sont encore soignés, a-t-il précisé. Le nombre de personnes tuées dans l'accident est toujours évalué à près de 200, a indiqué de son côté le porte-parole du gouvernement Bienvenu Okiemy.

Un précédant bilan faisait état de plus de 1.300 blessés et 5.000 sans abri.

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Il s'agit du plus meurtrier accident de ce type, dans des dépôts d'armes et de munitions, depuis 10 ans dans le monde.

Le bilan pourrait s'alourdir encore, d'autres corps se trouvant vraisemblablement à proximité immédiate du dépôt, où la Croix-Rouge n'a pu se rendre jusque-là.

Les obsèques des victimes se dérouleront dimanche à Brazzaville, après une cérémonie d'hommage en présence du président congolais Denis Sassou Nguesso, a annoncé M. Okiemy. Le deuil national décrété depuis mardi prendra fin dimanche.

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Le ministre du Plan a détaillé jeudi l'étendue des destructions autour du dépôt de munitions.

"L'épicentre du sinistre est composé de trois périmètres: le premier périmètre qui comprend le camp des blindés (où se trouvait le dépôt) a été détruit à 98%. Seuls les bâtiments en construction par une entreprise chinoise ont résisté", a-t-il indiqué.

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"Le deuxième périmètre a été détruit à 90% et dans le troisième les dégradations sont aussi significatives"", a-t-il ajouté sans préciser l'étendue des périmètres.

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Lors de la séance au Parlement le député d'opposition Patrice Kadia, a mis en cause le pouvoir en place : "la conservation du pouvoir coûte très chère au Congo, a-t-il dit on n'a pas vu la richesse dans les médicaments pour soigner les blessés, mais seulement dans les armes qui sont gardées dans les quartiers populaires comme des semences".

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Selon le gouvernement congolais, un incendie consécutif à un court-circuit serait à l'origine de l'explosion d'un dépôt d'armes et de munitions à Brazzaville. Le drame aurait fait au moins 146 morts.

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Sénégal: affrontements entre étudiants  et forces de l'ordre à Dakar

Des affrontements opposaient mercredi sur le campus de l'université publique à Dakar les forces de l'ordre à des étudiants protestant contre la mort la veille d'un des leurs lors de la dispersion d'un rassemblement de l'opposition par la police, a constaté un journaliste de l'AFP.

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Les incidents ont éclaté lorsqu'un groupe d'étudiants de l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad) a voulu sortir du campus pour aller assister dans un hôpital voisin à la levée du corps du manifestant tué, étudiant en Lettres modernes.

Il est décédé des suites de ses blessures après avoir été renversé par un véhicule lors de la dispersion du rassemblement des opposants à la candidature du chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade à la présidentielle de février.

Les affrontements, jets de pierres contre gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc, se poursuivaient dans l'après-midi.

Quelques dizaines de policiers déployés à deux sorties du campus de l'université tentaient de disperser de petits groupes d'étudiants qui les harcelaient de pierres à partir de bâtiments du campus.

CAN: le Gabon et Aubameyang s'offrent un sans-faute et la 1re place

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CAN: une finale Côte d'Ivoire-Zambie entre le favori et l'invité surprise

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La couleur orange et vert est à l'honneur à la CAN. Les deux équipes qui sont qualifiées pour la finale de la CAN gabonnaise jouent en vert et orange.

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