Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 11:16

Ngombulu Ya Sangui Ya Mina Bantu LASCONY
Ecrivain, documentariste, historiographe
(Institut Cercle-Congo)

Pourquoi après chaque élection présidentielle au Congo, le vrai ou faux vainqueur veut-il impérativement former un gouvernement d’union nationale ? Logiquement, si les partis politiques l’étaient, les gouvernements le seraient systématiquement.

La démocratie c’est la règle de la majorité, je ne trouve pas l’intérêt d’inviter quelques membres de l’opposition au gouvernement. Autrement, comment pourrait-on juger le parti au pouvoir à la fin du mandat présidentiel.

On a beau éluder la question tribale au Congo, la réalité nous indique que le tribalisme reste une épine sous les pieds des Congolais, voilà pourquoi ils n’avancent pas. Aucun homme politique congolais n’oserait ouvertement se déclarer tribaliste, alors que l’ethnocentrisme ne cesse de prendre le dessus sur le patriotisme.

L’organigramme administratif démontre que ceux qui sont au-dessus, sont ceux qui appartiennent à l’ethnie du Président. Les recrutements ne sont pas basés sur le curriculum vitae ni sur le profil du postulant, mais sur les affinités ethniques ou régionales. L’armée nationale en est une belle illustration. Si on devait recenser le nombre d’officiers supérieurs par région, l’on se rendrait très vite compte que c’est la région de celui qui est resté le plus longtemps au pouvoir (pour ne pas le citer), qui en compte le plus grand nombre. Je mets au défi quiconque de me prouver le contraire.

 

Y aurait-il au Congo, des régions peuplées des gens qui seraient plus aptes que d’autres à porter l’uniforme et les galons ? Au bout de 50 ans d’une pseudo indépendance, le Congo devrait dresser son bilan.

A peine peuplé de 3,5 millions d’âmes (chiffres contestables), ce petit pays ne cesse de défrayer la chronique à cause de la violence politique. A ce jour, il demeure le théâtre de l’ostracisme et de la gabegie. Le palmarès du Congo en matière de coup d’Etats (5 en 49 ans, sans compter ceux qui n’ont pas abouti) est comparable à ceux des pays plus peuplés que sont par exemple le Nigéria ou le Tchad.

Le Congo détient également le record en matière de guerres contre les civils (3 en 5 ans).

Le seul domaine où le Congo est exempté de tribalisme, c’est celui du mariage. Le cœur humain bat pour celui ou celle qui attire le regard et possède un portefeuille conséquent. C’est une règle universelle, le Congo ne fait donc pas exception.

 

Après un bilan aussi macabre, nous devrons nous poser la question suivante : "Désirons-nous réellement vivre en harmonie ? ". Si la réponse est "oui !", bannissons d’abord le tribalisme et restaurons la méritocratie pour évacuer les frustrations des uns et garantir l’égalité pour tous.

Si la réponse est "non !", prenons aussitôt rendez-vous chez le notaire et divorçons. Aucun article de la Charte des Nations Unies n’oblige les peuples qui ne le désirent pas à cohabiter.

Si nous sommes incapables de nous supporter, rien ne nous empêche de faire scission. "L’amour aussi bien que le feu ne peut subsister sans un mouvement continuel ; et il ne cesse de vivre dès qu’il cesse d’espérer ou de craindre" nous enseigne le Duc de la Rochefoucauld.

L’Humanité est remplie d’exemples de peuples qui ont décidé de se séparer après avoir appartenu à la même nation. Après des décennies de vie commune, de conflits internes et de violences interethniques, les Serbes, les Croates et les Kosovars (Albanais) ; les Tchèques et les Slovaques ; les Nord-coréens et les Sud-coréens ; les Indiens, les Pakistanais, les Sri-lankais et les Bangladais ; les Russes, les Moldaves, les Ukrainiens, les Ouzbeks... se sont dit au revoir.

Ça fait plus de trois siècles que les Ecossais veulent se séparer des Anglais. La petite Belgique est en permanence agitée par le spectre du fractionnement, malgré le fait d’avoir opté pour le bilinguisme, parce que Wallons et Flamands revendiquent chacun leur singularité.

Les Chypriotes d’origine grecque ont fini par se séparer de leurs compatriotes d’origine turque à cause de l’incompatibilité des mœurs. Les Somaliens du Puntland n’envisagent pas une réunification avec ceux de Mogadiscio pour se préserver des conflits sanglants.

Nous ne serons donc pas les premiers à envisager une telle alternative. La Macédoine n’est pas plus vaste que la Sangha, et pourtant elle est membre de l’O.N.U.

Les frontières du Congo actuel, comme celles de beaucoup d’autres pays africains, ont été tracées à la Conférence de Berlin de 1885. Les peuples qui le composent ne forment pas à la base une entité. C’est une mosaïque linguistique et culturelle que nous essayons de consolider depuis 1960. Après 49 ans "d’indépendance", soyons honnêtes et admettons que nous ne sommes pas parvenus à en faire une vraie nation.

Au Congo, il y a des régions sur lesquelles les régimes militaires successifs se sont acharnés. Mais il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Au lieu de nous voiler la face avec une burqa intellectuelle et de nous accrocher aux slogans creux, ayons le courage de regarder la réalité en face. Il est quasiment impossible au Congo, pour un candidat de se faire élire aux législatives dans une localité dont il n’est pas ressortissant. Un Tsangui ne pourrait être député à Makoua, comme un Bomitaba ne pourrait l’être à Mpangala.

Les utopistes préféraient ressasser la même rengaine, celle que nous entendons depuis bientôt 50 ans (l’unité nationale). Il n’y a ni Unité ni Travail ni Progrès au Congo. Bien au contraire, il y a Tribalisme, Chômage et Régression. Le Congo uni et prospère peine à voir le jour. C’est aux Congolais progressistes de le faire naître en posant des actes patriotiques.

 

L’édition 2007 du FESPAM nous a confirmé qu’il y avait au Congo des groupes ethniques parias. Le fait de loger les Pygmées au parc zoologique de Brazzaville n’était pas anodin. Normalement, lorsqu’une partie de la population est traitée de la sorte, le pays tout entier devrait s’en indigner. Cet acte ignoble n’a pas eu l’air d’émouvoir les Congolais dans leur ensemble.

En 1993, lorsque les miliciens aubevillois et ninjas se sont combattus à l’arme lourde, il a fallu réunir les députés des régions du Pool, du Niari, de la Bouenza et de la Lékoumou dans une résidence privée pour trouver une issue au conflit. Comment est-ce possible dans une république ? A quoi sert alors le Parlement ?

A la fin de la guerre de 1997, un milicien cobra troqua son bazooka contre une guitare pour composer un hymne à la gloire du vainqueur, et celui-ci passait fréquemment sur Radio-Congo. En entendant cette chanson promouvant le tribalisme, j’ai cru avoir capté Radio-Mille collines. Celle-ci fut même diffusée dans l’émission "Envoyé spécial" consacrée au Congo et réalisée par le chanteur français Bernard Lavilliers. Le cobra n’étant pas virtuose, je n’ai retenu de sa composition que le passage fustigeant les vaincus : "…Yombhi mokoyo ya babembe ". Celui-ci faisait allusion au ralliement du R.D.D (parti constitué majoritairement de nordistes) à l’U.PA.D.S (parti constitué majoritairement de sudistes). L’histoire ne cesse de se répéter dans notre pays à cause d’une amnésie collective.

 

En 1995, un drame survint lors d’une veillée de prière à la paroisse Saint-Pierre Claver de Bacongo, faisant plus d’une centaine de morts. Un deuil national d’une semaine fut décrété par le gouvernement, mais celui-ci ne fut respecté que partiellement. Après avoir sillonné la ville, j’ai aperçu dans certaines buvettes, des Brazzavillois en train de valser pendant cette période. On a pu observer la même chose lors du premier accident ferroviaire survenu à Mvoungouti. En cas de malheur dans notre pays, il y a ceux qui pleurent et ceux qui sont aux aguets. Nous ne pouvons pas faire fi de notre mémoire collective et continuer à nous abreuver de sédatifs, alors que le feu tourbillonne sous nos matelas. C’est une attitude suicidaire. Internet est un excellent baromètre pour mesurer cette atmosphère. Vous ne trouverez pas de forum où les Congolais ne s’insultent, parce que les uns auraient critiqué le régime supporté mordicus par les autres. En surfant sur la plupart des sites congolais, on a parfois l’impression d’assister à une bronca, cette contestation populaire qui enflamme les arènes mexicaines. Si on pouvait installer une poubelle sur chaque site pour recueillir ces insultes, les éboueurs du net seraient vite débordés.

 

Lorsqu’un gouvernement a failli à sa mission, il est impératif de le dénoncer. Or certains Congolais se sentent obligés de le défendre sous prétexte que celui-ci est dirigé par un ressortissant de leur village ou de leur région. C’est un réflexe tribaliste.

Le pays n’a ni eau potable ni électricité. Les systèmes de santé et éducatif sont en faillite totale. Malgré tout, il y a des bornés qui trouvent des circonstances atténuantes au régime en place. Qu’il y ait des Congolais qui n’éprouvent pas le besoin de se doucher régulièrement, de se soigner ou d’éduquer leurs enfants, c’est leur problème. Que ces derniers ne conditionnent pas les autres à vivre comme eux.

La misère est ressentie dans tout le pays. Contrairement à ce que certains peuvent penser, il n’y a pas une région privilégiée au Congo. Les régions du Nord du pays, notamment celles de la Likouala, de la Sangha, des Cuvettes est et ouest ne disposent quasiment pas d’infrastructures modernes.

 

Les conditions de vie des habitants de Liranga ou de Bétou n’ont rien à envier à celles du Moyen-âge, et pourtant l’élite dirigeante depuis 41 ans est majoritairement constituée de leurs ressortissants.

Les populations du Sud ne peuvent pas non plus se contenter des modestes infrastructures, tels que le chemin de fer à voie unique et les écoles missionnaires héritées de la colonisation.

Le tribalisme au Congo relève de l’égoïsme, et non d’une pathologie. Si tous les leaders qui se sont succédé au pouvoir depuis 1960, étaient réellement attachés à leur région natale, ils l’auraient depuis longtemps développée.

La construction d’un complexe hôtelier, d’un gymnase et d’un hôpital à Oyo n’est pas vue d’un bon œil par certains Congolais, alors que cela ne pourrait qu’être bénéfique au pays. Tout simplement parce que l’équité n’existe pas au Congo. Même si le cobra royal est originaire de cette localité, il n’y a pas de raison d’être mécontent. Oyo se situe bel et bien au Congo, pas au Paraguay.

L’unité nationale ne se décrète pas, elle résulte d’une volonté collective. Tant que nous serons guidés par une mentalité primitive, nous resterons encore au stade primaire de la civilisation.

Sur tous les continents, les gouvernements s’attèlent à construire des grands ensembles politiques et économiques, sauf en Afrique où le tribalisme fait encore tâche d’huile. Toute l’élite congolaise est bourrée des gens lettrés qui sont pour la plupart incapables de s’en débarrasser. C’est ahurissant !

 

En mars 1977, lorsque le Président Marien NGOUABI fut assassiné, ce sont principalement les ressortissants d’une certaine région qui furent la cible de l’injustice, car il fallait à tout prix désigner des coupables. Pratiquement, tous ceux qui furent exécutés (NDOUDI NGANGA, MIZÉLÉ, KIKADIDI, SAMBA dia NKOUMBI…) étaient originaires de la même région. Au cours d’un simulacre de procès, le juge OKOKO lâcha une phrase qui est restée dans les annales de l’injustice : "Même les Batékés veulent commander", c'est-à-dire les autochtones de Mfoa (Brazzaville). Quelle condescendance ! Dans un pays normal, ce magistrat aurait été aussitôt sanctionné. Malheureusement, au Congo le mépris est primé.

 

Osons donc lever le tabou : en 1977, la victime (Marien NGOUABI) était du Nord et les présumés coupables du Sud. En juillet 2005, lors du procès des disparus du Beach, c’était l’inverse. C'est-à-dire, les victimes étaient du Sud et les présumés coupables du Nord (NDENGUET, ADOUA, DABIRA, NTSOUROU…). A la seule différence, les premiers furent tous exécutés, alors qu’ils étaient innocents. Tandis que les seconds furent tous acquittés, alors qu’ils étaient tous présumés coupables.

 

En 1987, feu Jean-Pierre ThYSTÈRE TCHICAYA (ancien numéro deux du P.C.T) et Claude Ernest NDALLA alias Graille (co-fondateur du P.C.T) se retrouvèrent à la barre. Les deux hommes furent accusés d’avoir pris part aux attentats de Maya-Maya et du cinéma star qui causèrent la mort de nombreux concitoyens. Le comble du ridicule fut atteint lorsque les sous-vêtements du premier accusé furent exhibés à la barre comme preuves de pratique fétichiste pour renverser le gouvernement en place. Quant au second, ce sont les latrines de sa maison qui furent montrées à la télévision nationale pour expliquer à la population que des explosifs y furent jetés. Faute d’un procès équitable, la lumière n’a jamais été faite dans toutes ces affaires. A cause du tribalisme, des pères de famille ont été humiliés publiquement, des innocents ont été torturés pour leur arracher des "aveux".

 

Souvenez-vous de KEMBISSILA, cet homme sans histoire qui était contraint d’avouer des forfaits qu’il n’avait pas commis. Certains Congolais qui souhaiteraient faire table rase du passé, ont cru qu’en saccageant le siège de Télé-Congo, le pays serait vidé de sa mémoire. Erreur ! L’essentiel des images d’archives fut soustrait à temps. C’est ce qui permettra un jour au Congo d’organiser l’équivalent d’un procès Nuremberg, car les cris des orphelins et des veuves ne cessent de raisonner à nos oreilles pour réclamer justice. Les criminels peuvent grincer les dents.

 

En aiguisant leurs machettes, les extrémistes hutus téléguidés par l’Acazu ne se doutaient pas qu’ils finiraient par rendre des comptes devant une juridiction pénale à Arusha. C’est à cause de l’amnésie que l’histoire se répète tout le temps dans notre pays. A la Conférence Nationale Souveraine, les acteurs n’avaient pas pris les décisions qui s’imposaient. Ils furent probablement distraits par le montant de leur per diem journalier. En se gavant de mets succulents pendant trois mois, on finit par oublier de traiter les sujets les plus épineux. En 1990, il fallait arrêter tous les criminels et dissoudre les partis politiques à caractère tribal, c'est-à-dire tous les partis. Qui oserait nier cette réalité ?

 

Le Congo s’est engouffré dans un fossé creusé par le tribalisme. Pour l’en sortir, une adhésion massive au panafricanisme s’impose. Tant que nous penserons pays, nous penserons région, puis tribu. Si nous pensons continent, nous nous élèverons et il nous serait très difficile de descendre aussi bas. J’invite mes compatriotes à y réfléchir.

 

Nous Sommes le Congo !
C
essons d'Avoir Peur !
P
our un Etat de Droit au Congo !

"Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission"

Celui qui lutte peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !


Patrick Eric Mampouya
http://mampouya.over-blog.com/

Par Geoffray - Publié dans : Société
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La fin des sacs plastiques au Congo-Brazzaville, c'est du domaine du possible ! 

L'association DAC (Développer Autrement le Congo) est à l'initiative en République du CONGO-BRAZZAVILLE de la démarche citoyenne pour la suppression des sacs plastiques de caisse. La méthode est  essentiellement basée sur la sensibilisation. Aujourd'hui chaque Congolais jette 360 kg d'ordures par an, soit presque un kilo par jour et ce chiffre augmente de 1% par an. Les sacs plastiques représentent quant à eux 2 kg. En polyéthylène, matière produite à partir du pétrole, le sac plastique fait irruption dans la vie des ménages congolais dans les années 80 où il remplace le cabas traditionnel (panier en liane), plus résistant. C'est le début de l'ère de la consommation et l'ère du jetable. Mais alors qu'on les fabrique en une seconde et qu'ils sont utilisés en moyenne 20 minutes, ils seront soit incinérés soit dispersés dans la nature où il leur faudra jusqu'à 400 ans pour se dégrader et 1200 ans en mer selon leurs épaisseurs ! Au Congo, 4 milliards de sacs plastiques sont distribués chaque année représentant 80 000 tonnes de déchets. Véritable fléau pour la faune et la flore, notamment en milieu marin, le sac plastique produit au moins trois types de pollutions : visuelle, de l'air et du milieu marin. 

CONGO-BRAZZAVILLE: PRIORITE A L’EMPLOI

" Le travail est indispensable  au bonheur  de l'homme  ; il l'élève,  il le console  ; et peu importe   la nature  jc beri mdu travail, pourvu   qu'il profite  à quelqu'un : faire  ce qu'on peut, c'est faire ce qu'on doit." Alexandre DUMAS,  fils.
A travers cette annonce faite à la  veille de la fête des 50 ans d’indépendance,  il n’est pas inutile de se demander si celle-ci n’est pas  encore une diversion politique pour détourner l’attention des congolais face à l’échec de la politique sociale conduite par le gouvernement.

QUELLE POLITIQUE DE LOGEMENT POUR LES CONGOLAIS ?
Sans tomber dans une paranoïa obsessionnelle, on sait que nos intérieurs ne sont pas protégés de la pollution. Les substances chimiques, dangereuses ou pas, sont partout. Aucune réglementation n’est observée pour la construction des maisons des congolais et augmenter ce risque en optant pour le  tout béton, matériau complètement   inapproprié pour les logements résidentiels en zones tropicales est irresponsable. Car ces constructions souvent calquées à l’image des constructions occidentales ne tiennent pas compte ni du climat,  ni des coûts financiers exorbitants, encore moins de l’aspect écologique.
On a nettement l’impression que le gouvernement veut tout simplement troquer son humble maison de banco recouverte d’un toit de paille, de bois ou de terre compressée selon les ethnies, contre une maison "en dur" ,c’est à dire en béton, avec un toit de tôles ou en tuiles .. Les raisons ? La résistance aux intempéries qui évite d’avoir à refaire régulièrement ce qui se dégrade, enfin la raréfaction du bois est aussi invoquée.












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