Il n'est point de bonheur sans liberté ni de liberté sans courage








Le président Sassou son parti (PCT) ne sont cités qu’occasionnellement.
Il est vrai que personne ne se fait plus d’illusions quant à leurs intentions électorales : compter les voix discordantes pour mieux les étouffer.
La dictature a arrêté depuis des années de surprendre les Congolais... Son travail consiste uniquement à maintenir le statu quo, à cultiver l’immobilisme et à persuader ses administrés de ne pas changer « le changement »...
Comme à chaque élection, les regards se tournent surtout vers l’opposition, comme si la surprise ne pouvait venir que de son camp... En dépit de sa faiblesse structurelle, l’opposition congolaise concentre toujours l’attente et l’espoir de nombre de congolais qui ont acquis une certitude qui, partant de la situation de délabrement actuel, estime que le Congo ne peut connaître pire en changeant le régime en place.
Nos amis, adeptes d’une participation, qui peut se justifier au nom d’un agenda partisan et d’un pragmatisme qui rime malheureusement avec usurpation, comptent mettre à leur profit l’oubli de leurs engagements (conditions préalables à leur participation à l’élection présidentielle. Nous ne servirons pas de lièvre électoral…) pour envoyer un ou des candidats et tenir compagnie à une dictature qui a la phobie de l’isolement, dans un monde qui récuse les solitaires.
Nos amis ne doivent pas ignorer que la dictature a créé les conditions de sa propre réélection, scellé l’arithmétique de sa victoire, rédigé le scénario de l’humiliation publique de ses adversaires....
Les prisonniers politiques, les exilés qui se comptent par milliers, les victimes des châtiments collectifs, les activistes en bute à une répression au quotidien, les privés de droits civiques pour délit d’opinion, les rejetés de la Constitution et de la loi électorale, les partis non reconnus, les martyres de la dictature, les déçus du système... Toutes ces catégories de personnes sont délibérément éliminées des élections, elles sont condamnées au boycott.
La dictature a fait le vide autour d’elle, elle a surtout soigneusement balisé le terrain électoral.
Dans ce terrain miné, seul le régime est en mesure de tirer avantage. Ceux qui rêvent de lui emboîter le pas, et tirer parti des conditions asociales qu’il a créées par lui-même, ne sont en réalité qu’une partie de lui, une réplique de l’originale. Le système est ainsi fait : les corps étrangers sont systématiquement rejetés.
Quant aux différentes catégories de victimes de la dictature (celles qui souffrent de diverses formes d’arbitraire : policier, carcéral, administratif, juridique, politique, civique......), elles sont boycottées de fait par les différents rouages de la dictature. En refusant conformité et allégeance, elles se sont mises en dehors du système.
Etant de fait dans une situation de boycott passif, elles doivent s’atteler à transformer leur passivité en un comportement politique volontariste qui rompt avec le fatalisme et s’ingénie à mettre la dictature dans son propre piège : l’isolement, afin que la magie se retourne enfin contre le magicien.
A seulement quelques jours de l’élection présidentielle, il est trop tard pour participer. Car il faut du temps pour se faire accepter par la dictature et réussir le test d’affiliation. Dramaturge d’une pièce où tous les acteurs ont été minutieusement choisis, la dictature ne bouleversera pas ses plans à la dernière minute. Elle a l’obsession du détail, la hantise de l’impondérable.
Par contre, il est encore temps de refuser ce nouvel affront. Il n’est jamais trop tard de s’affranchir de la servitude, il n’est jamais trop tard de rompre avec l’atermoiement, il n’est jamais trop tard d’être un héros national.
Vous qui êtes boycottés par le régime, par ses acolytes, ses lois, ses institutions, ses médias, ses journaux...Boycottez ceux qui vous ont injustement boycottés !
Depuis quelques années, grâce au courage et l’abnégation d’hommes et de femmes de valeur, les Congolais ont pu constater que la peur avait commencé à changer de camp. Aujourd’hui, et à l’occasion de ces élections, il faut espérer que, grâce à la dignité et au sursaut de Congolais et de Congolaises de plus en plus nombreux, l’isolement changera aussi de camp.
Wallys KIMBATSA






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