En réponse à la demande persistance de l’opposition congolaise pour une concertation politique sur la question électorale, Denis Sassou Nguesso, président de la République avait donné son accord pour que l’élection présidentielle soit précédée d’une rencontre citoyenne entre le pouvoir et les autres acteurs politiques, afin de créer des conditions salvatrices d’une élection libre, transparence et crédible. A la cérémonie d’ouverture, au palais du Parlement à Brazzaville, le 14 mars 2009, l’opposition dite radicale a opté pour la politique de la chaise vide.

Explications

« Concertons-nous dans l’unité et la concorde nationale pour une élection présidentielle régulière et apaisée » tel est le thème de la concertation politique. Le Premier ministre, Isidore Mvouba, dans son discours d’ouverture a dit que le moment est délicat. « Au regard des déchirements qu’a connus notre pays lors des élections de la même nature dans les années 1990.

Pour conjurer le sort et prémunir notre peuple des effets pervers de la bêtise humaine, le président de la République a pris la solution de sagesse de convoquer la présente concertation politique. (…) notre objectif, doit concourir à la construction d’une démocratie apaisée. » Pour sa part, le président des travaux, président du Sénat, Obami Itou, a demandé à tous les acteurs politiques de transcender leurs divergences et d’offrir au peuple congolais le plus beau cadeau : la responsabilité partagée. « Une des sources des conflits en Afrique, réside dans le manque de confiance lors des élections » a-t-il poursuivi.

Ajoutant : « La méfiance et le manque de confiance sont des germes de la division, de la discorde et de toutes les dérives. Autant il faut que telle partie se départisse de ses a priori, autant telle autre, doit rassurer et donner des gages de confiance. Cela suppose une ouverture d’esprit et une hauteur de vue suffisante pour nous rendre aptes à écouter l’autre, à tolérer l’autre et finalement à accepter les arguments de l’autre. »

Le désaccord

Le 10 avril 2009, une délégation du Front des partis de l’opposition congolaise conduite par son président, Guy Romain Kinfoussia, président de l’UDR Mwinda, négocie avec la délégation conduite par le Premier ministre, Isidore Mvouba, les termes de référence de cette concertation. Il s’agit du règlement intérieur, de l’ordre du jour, du présidium et de la participation. Sur deux points essentiels, le Gouvernement et le Front n’ont pas pu trouver un point d’accord.

Tsaty Mabiala, porte parole du Front donne les raisons de la non participation à la concertation politique « Nous estimions que les deux questions à savoir : le présidium des travaux (Le Front a proposé Mme Gnali à la vice présidente, refus du pouvoir) et l’ordre du jour. Les contre propositions que nous avons faites n’ont pas encore été entérinées et nous n’avons pas encore reçu comme cela a été promis le projet d’ordre du jour. Le compromis voulait simplement que, à leur projet d’ordre du jour, s’ajoutent nos points que nous croyons essentielles. La maîtrise du corps électoral, la commission nationale électorale, l’accord cadre, c’est-à-dire la finalité des conclusions que nous prendrons. Pour le Gouvernement, l’accord cadre (le texte) devrait être entériné par le président de la République, seul. Vous imaginez bien que ce n’est pas normal. Le président de la République est candidat à la présidentielle. » Réponse du berger à la bergère. Alain Akoualat Atipault, porte parole du Gouvernement, qualifiant le Front, d’opposition de radicale, persiste et signe : « Bien sûr que tous ces points figurent à l’ordre du jour. Nous demandons à ces compatriotes de se retrouver avec nous pour que nous poursuivons les travaux, dans l’intérêt de notre pays. »
Le communiqué de presse lu à la conférence de presse du Front, tenue le 15 avril au siège de l’ARD à Ouénzé, précise que l’opposition congolaise regroupée au sein du Front reste disponible pour reprendre la négociation avec le gouvernement sur ces points essentiels des termes de références.

Toutefois, la concertation politique se poursuit avec la majorité présidentielle, l’opposition dite "raisonnable" [1] et la société civile. Tout le processus se déroule "normalement". L’élection présidentielle d’après le rythme constitutionnel aura lieu la première quinzaine de juillet. Les participants ont estimé que la date devra être respectée. Quant à la transparente de l’élection présidentielle, l’organisation de la CONEL (commission nationale des élections), le financement des partis politiques, et à l’accès des différentes forces politiques aux médias publics, ils seront soumis à débat à travers une synthèse qui sera faite à la fin des travaux a soutenu le ministre de l’Administration du Territoire, Raymond Mboulou.

A la veille de la concertation citoyenne, dans la nuit du 13 au 14 avril, vers 22 heures, au moins cinq maisons de l’arrondissement 5 (Ouénzé) ont été foudroyées par d’explosions d’obus de mortier stockés au régiment blindé de Mpila. « C’est bien la foudre qui aurait mis du feu dans une caserne où ces obus étaient stockés. Cela n’a rien à voir avec la concertation politique. » a déclaré un officier des Forces armées congolaises.

Par Chris Mbembe
Notes

[1] Comprendre à la botte.

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Sénégal: affrontements entre étudiants  et forces de l'ordre à Dakar

Des affrontements opposaient mercredi sur le campus de l'université publique à Dakar les forces de l'ordre à des étudiants protestant contre la mort la veille d'un des leurs lors de la dispersion d'un rassemblement de l'opposition par la police, a constaté un journaliste de l'AFP.

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Les incidents ont éclaté lorsqu'un groupe d'étudiants de l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad) a voulu sortir du campus pour aller assister dans un hôpital voisin à la levée du corps du manifestant tué, étudiant en Lettres modernes.

Il est décédé des suites de ses blessures après avoir été renversé par un véhicule lors de la dispersion du rassemblement des opposants à la candidature du chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade à la présidentielle de février.

Les affrontements, jets de pierres contre gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc, se poursuivaient dans l'après-midi.

Quelques dizaines de policiers déployés à deux sorties du campus de l'université tentaient de disperser de petits groupes d'étudiants qui les harcelaient de pierres à partir de bâtiments du campus.

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